Un jour sur le Tour

Le Tour de France n’est aux yeux de la majorité qu’une simple course de vélo qui se déroule pendant le mois de juillet. Néanmoins, le Tour est bien plus que ça. Entre grand lieu du sport et petit monde nomade, le Tour est bercé tous les jours dans une routine trépidante pour ceux qui y participent tout au long des trois semaines de l’épreuve. Chaque jour, les mêmes personnes, les mêmes missions et pourtant, chaque étape a son lot de surprise. Nous sommes tous des fous du Tour: soit nous le sommes déjà soit nous n’avons pas encore goûté à cette ferveur incroyable.

C’est mon deuxième Tour. J’ai eu la chance de participer à mon premier Tour en 2015 à l’âge de 17 ans. Me revoilà en 2017, au départ de Düsseldorf en tant que Digital Reporter. Avec un Anglais et un Allemand, nous avons intégré l’équipe de communication du Tour pour vivre une expérience incroyable. Amatrice de photographie, j’ai pu m’exercer sur tout le parcours et ainsi immortaliser des centaines de visages, des milliers de kilomètres d’actions et d’allégresse et des souvenirs impérissables.

Vous vous demandez sûrement à quoi peut bien ressembler une journée sur un événement tel que celui-ci. Voici donc ma petite routine du Tour :

 

06h, le réveil sonne.

La fatigue de laveille se sent encore dans les jambes mais l’excitation d’une nouvelle journée prend le pas dessus. Au petit déjeuner, dans un hôtel dans les quatre coins de la France, je retrouve l’équipe de Digital Reporters pour finaliser notre organisation sur l’étape du jour.

Souvent, mes journées se résument à prendre des photos pour constituer la galerie ou pour illustrer les articles de notre talentueux Britannique, Tom. Cependant, mon rôle ne se limite pas qu’à celui-ci, nous devons également alimenter les réseaux sociaux avec des vidéos, des photos afin de fidéliser nos « fans ».

Une fois les dernières vérifications effectuées (batterie téléphone, appareil photo, accréditation check), nous partons vers un nouveau lieu.

 

09h, après la route vient le travail.

Entre l’hôtel et le départ du lendemain, nous avons régulièrement de gros transferts en voiture. Ils nous permettent de nous détendre un peu, de souffler et de s’isoler derrière la musique. Ces moments pourtant si ordinaires sont essentiels à notre « productivité ». En effet, il est difficile de se retrouver seul avec soi-même lorsque nous sommes tout le temps collés les uns aux autres. Nous partageons nos chambres, la voiture, nos journées …. de quoi devenir fou et s’entretuer. C’est pourquoi il est essentiel de s’isoler derrière ses écouteurs et de faire une bonne sieste pendant ces transferts, où chacun retrouve son monde et s’évade du Tour pour quelques minutes.

 

A l’arrivée au Village du Tour (grande installation réservée aux invités, avec des stands des partenaires), nous travaillons sur les derniers détails avec les grands chefs de l’opération. Nous faisons le bilan de la veille et des erreurs commises. Pour moi, c’est un temps précieux pour retoucher les dernières photos, monter les vidéos, les poster sur les différentes plateformes (Google Drive pour l’équipe, Keepeek pour la base de données du Tour de France). C’est aussi le moment où je cours après les guests invités sur la course pour des vidéos. C’est comme cela que j’ai pu interviewer des Stéphane Plaza, Denis Brognart, ou bien Flora Coquerel.

 

11H, l’action commence, les coureurs entrent en scène.

Ca y est, nous sommes dans le « dur » de la journée. J’attrape mes deux appareils photos et je pars à la chasse aux clichés. Fans atypiques, coureurs blagueurs, j’essaye de capturer tous les moments « originaux » de ce podium signature. C’est très difficile de se réinventer chaque jour avec les mêmes coureurs et le même décorum. Durant cette petite heure de signature, mon cœur est dopé à l’adrénaline. Tout doit être vite fait mais bien fait. Il faut courir sur les kilomètres de bus afin de pouvoir prendre quelques instants volés : un coureur embrassant sa famille, des fans interpellant leurs idoles, etc…

 

12h, c’est l’heure du départ.

Deux possibilités s’offrent à nous au départ. Soit nous prenons l’itinéraire de la course pour pouvoir rencontrer des fans sur le bord de route, s’imprégner de l’ambiance. Soit nous prenons l’itinéraire hors course pour faire le départ en intégralité et rejoindre l’arrivée par l’autoroute. Prendre l’itinéraire de la course est très risqué car il faut partir une heure avant les coureurs, donc prendre le risque de n’avoir quasiment aucune photo du podium signature. C’est aussi, devoir doubler la Caravane publicitaire alors qu’elle distribue ses goodies dans tous les sens (attention à ne pas écraser quelqu’un). C’est une vraie course contre la montre, il ne faut pas avoir moins d’une heure d’écart avec la course sinon le véhicule est stoppé. Quoiqu’il en soit, le trajet me permet de retoucher mes photos du matin afin qu’elles soient prêtes à être postées dès la fin de l’étape. C’est aussi l’occasion de profiter de ce qui fait la magie du Tour : le public. Pendant 200 kilomètres, les foules nous saluent, nous font rire par leurs déguisements. L’ambiance est à son paroxysme en haut des sommets. C’est un privilège que de pouvoir ressentir cette ferveur qui n’a pas d’égal. Il faut pouvoir le vivre pour prendre conscience de l’ampleur de l’évènement.

Il m’est également arrivé de faire l’étape en moto-presse et de découvrir la joie de faire des photos sur la course même. Remonter le peloton à plus de 70km/h, une pure dose de bonheur. C’est comme cela que j’ai terminé mon Tour de France : sur les Champs Elysées derrière le peloton à pleine allure, debout sur la moto, la patrouille de France au dessus de la tête : c’est ça la magie du Tour.

 

17h, l’arrivée est de plus en plus proche.

Après le transfert en voiture, nous arrivons en salle de presse plus ou moins à proximité des lieux d’arrivée, le plus souvent avec très peu de temps pour y aller. C’est d’ailleurs en courant que nous rejoignons la ligne pour savoir qui sera le gagnant du jour. Mon but est de prendre des photos plus « artistiques » donc je me place tout au fond de la ligne pour pouvoir capturer les coureurs au bout d’eux mêmes.

Une fois finie, retour à la salle de presse pour retoucher les photos et pour pouvoir les publier rapidement. Après cela, pour moi la journée se calme sauf si je dois écrire un article. Dans ce cas là, je ne suis pas couchée avant 2h !

 

21h, un repas au restaurant comme récompense de la journée.

Comme je l’ai dit plus haut, les petits moments ordinaires sont souvent les plus importants. Une fois le périple des publications fini (blog, Facebook, Twitter…), nous laissons le travail dans la chambre d’hôtel et nous profitons d’un bon diner pour rire et pour se connaître un peu mieux. Nous sommes régulièrement logés au même hôtel que les coureurs alors parfois nous nous amusons à les observer ou nous discutons avec ceux avec qui nous avons sympathisé. Le relationnel est très important sur le Tour. Personne n’oublie un visage alors il vaut mieux avoir fait bonne impression !

 

Minuit, il est temps d’aller au lit.

C’est l’heure où le planning de l’étape suivante se fait, en prenant en compte les idées de tous. L’organisation du jour laisse place à celle du lendemain. Les plus travailleurs finissent leurs vidéos ou articles à 1h ou 2h du matin pour pouvoir le publier au village le matin suivant. Cependant, la plupart du temps, à minuit, tout le monde s’endort en rêvant de ce petit monde jaune qui ne peut sortir de notre tête.

Et le lendemain, tout recommence.

 

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