Le Népal, un an après

 C’était il y a près d’un an maintenant. Le 25 avril 2015, un séisme de magnitude 7,8 touche le Népal de plein fouet et fait plus de 8500 morts. La communauté internationale se mobilise alors pour venir en aide aux centaines de milliers de Népalais qui se retrouvent à la rue, et agis dans l’urgence. Elle promet aussi, comme le gouvernement, une aide à la reconstruction de plusieurs milliards de dollars, et s’engage à agir au plus vite. Un an plus tard, la reconstruction se fait pourtant toujours attendre.

Comme souvent malheureusement, la mobilisation internationale à la suite d’une catastrophe naturelle est très importante dans les quelques jours ou semaines qui suivent l’événement, mais diminue petit à petit jusqu’à disparaître. Le Népal n’a pas dérogé à la règle. Beaucoup a été fait dans l’urgence de la situation : des abris de fortune ont été construits pour les survivants, des vêtements et de l’aide alimentaire apportés, mais cela n’a pas suffit à relancer le pays. Plus de 600 000 maisons ont été détruites par le séisme, cela fait autant de familles qui se sont retrouvées à la rue. Le gouvernement, alors en pleine transition politique, a mis un certain temps avant d’annoncer l’ « Autorité Nationale de reconstruction ». L’arrivée de la mousson, quelques jours après le séisme, a ralenti encore le processus.img blanche
A cela vient s’ajouter la crise du fuel qui touche le pays depuis le mois de septembre dernier. Les populations ethniques du sud du pays, mécontentes de la nouvelle Constitution adoptée le 16 septembre 2015, réalisent un blocage des camions citerne à la frontière indienne et organisent des grèves, réclamant plus de droits et de représentativité dans les administrations publiques de Katmandou, la capitale. La forte pénurie qui en résulte « est en train de se transformer en crise humanitaire » s’inquiète l’association Handicap international. C’est en effet toute la circulation au sein du pays qui est en jeu, empêchant à la fois la reconstruction et l’aide aux populations isolées.

Si dans la ville de Katmandou les débris ont pu être retirés rapidement et la vie a repris son cours assez vite, le reste du pays n’a pas eu cette chance. Les habitants des villages isolés, et surtout des montagnes, sont ceux qui souffrent le plus de la situation actuelle. Tous n’ont reçu que 150$ d’aide sur les 2000 promis par l’Etat, bien loin de suffire pour reconstruire leurs habitations ou compenser la perte d’un proche. Ils ont donc dû passer le très rude hiver himalayen dans des hébergements d’urgence, en attendant la reconstruction qui devrait débuter ce mois-ci.

Les revenus du pays sont aussi menacés puisque 8% de son PIB repose sur le tourisme, et notamment sur l’alpinisme grâce au Mont Everest. Le tremblement de terre a entrainé des avalanches qui ont détruit les chemins et abris de montagne et dans lesquelles plusieurs alpinistes ont perdu la vie ; entraînant un très net ralentissement du tourisme. Ainsi, pour la première fois depuis très longtemps, aucun alpiniste n’a affronté l’Everest la saison dernière. De même, officiellement, la moitié des touristes ont annulé leur voyage à la suite du séisme, mais ce chiffre est en réalité bien plus élevé. De nombreux pays, dont la France, déconseillent à leurs ressortissants de se rendre au Népal. Cette situation est dramatique pour l’économie du pays, le tourisme représentant plus de 500 000 emplois. Afin de rétablir la confiance et un sentiment de sécurité, le gouvernement offre depuis le mois de mars des cartes SIM à tous les touristes qui entrent sur le territoire, mais cela ne semble pas suffire.

La situation au Népal est donc loin d’être revenue à la normale un an après le tremblement de terre, et les Népalais sont loin d’être au bout de leur peine. Les scientifiques prévoient en effet un nouveau séisme d’une force historique, de magnitude 9 sur l’échelle de Richter, qui devrait toucher le pays dans à peine quelques dizaines d’années. Plus que de simplement reconstruire, les Népalais doivent donc se mettre au plus vite aux normes sismiques et se préparer à son arrivée, afin d’éviter une nouvelle catastrophe.

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