Elections françaises : Tour du monde en 24 heures

Dimanche 23 avril 2017, 20h : les bureaux de votes ferment. Les noms des deux candidats prétendants au poste de président de la République Française sont dévoilés. La nouvelle se répand aussitôt aux quatre coins du monde…et les réactions ne se font pas attendre !

Le verdict est tombé : la droite comme la gauche peuvent oublier le second tour. Ce résultat est historique : les électeurs ont évincé les deux partis traditionnels de l’élection présidentielle. Ils n’ont rassemblé à eux deux qu’un quart des votes. Ce désaveu a favorisé le parti naissant « En Marche! », créé par Emmanuel Macron, et le Front National qui accède pour la deuxième fois au second tour depuis sa création. Cette recomposition du paysage politique marque un virage dans les choix comme le décrit The Economist :

« Les implications de ces insurrections sont difficiles à exagérer. Elles sont encore le plus clair exemple d’une tendance mondiale : que le vieux clivage entre la gauche et la droite devient moins important qu’un nouveau entre ouvert et fermé »

Une partie de la presse étrangère optimiste sur l’issue du scrutin ….

Un signe d’une volonté de changement des Français ? C’est ce que pensent certains journalistes étrangers, définitivement surpris par le cours des évènements.. Parmi eux, la journaliste belge Béatrice Delvaux parle d’une « révolution des Français », et estime que la popularité de Macron illustre « la victoire du message positif ». Le journal suisse Le temps juge également que Macron peut « améliorer le sort des Français », et que ces élections expriment un « changement en profondeur » de la France. Une France «révolutionnaire », positive et qui aurait fait un bon choix en votant pour le plus jeune des candidats. D’autres journaux partagent la même opinion, notamment L’Orient-Le Jour, quotidien de Beyrouth, selon lequel Macron est le meilleur représentant des Français, symbole d’espoir et d’audace. Le journaliste libanais écrit : « Les Français sont rationnels. Les Français sont inventifs. Les Français sont surprenants. », ou encore

« Parce qu’Emmanuel Macron a autant de qualités. Autant de volonté à anamorphoser cet air et cette ère qui étouffent les Français. Autant de détermination à montrer qu’on peut apporter, proposer et imposer le changement sans dynamiter la société, l’économie et la réputation de ce pays qui reste encore la destination préférée des Terriens. Autant d’entêtement somptueux. Autant de patriotisme. Autant d’espérance(s). ».

Cet espoir se retrouve dans la presse allemande : Stefan Kornelius, qui à l’instar du journal espagnol El País compare l’ancien banquier à un caméléon, pense que la France a ici la « possibilité d’un renouveau politique »,

…. D’autres journaux restent plus sceptiques

Si d’un côté ces journaux voient les résultats du premier tour d’un bon œil, d’autres sont moins sereins quant à l’issue du prochain tour. C’est le cas de l’Algérie qui craint l’arrivée au pouvoir de Marine Le Pen. Son projet de renforcement des frontières inquiète les pays et particulièrement l’Algérie qui redoute la restriction de la libre-circulation. Mais cette arrivée au pouvoir est presque impossible pour certains : d’après le journaliste chinois Zhao Yang,

« si les idées politiques très tranchées de Marine Le Pen peuvent lui valoir de nombreux soutiens, elles déclenchent encore plus de réactions de rejets ».

Aux Etats-Unis, l’avis est partagé. Le score de Marine Le Pen s’inscrit dans la continuité de l’élection de Donald Trump en novembre dernier. Aujourd’hui, le dernier numéro du Wall-Street Journal voit déjà Macron gagner et parle d’une Europe rassurée par les premiers tours, tandis que le Boston Globe reste un peu plus sur la réserve. Le journal estime que Marine Le Pen n’est pas encore battue et que même si elle ne se place qu’en deuxième position à l’issue des premiers votes, elle a tout de même une chance de l’emporter face à Macron. Mais celui-ci ne fait pas non plus l’unanimité, et en Angleterre, The Economist ne fait pas l’éloge du candidat, même si le journal le soutient néanmoins face au Front National :

« Les deux révolutionnaires auraient des difficultés à mettre en œuvre leur programme. Même si elle l’emportait, le parti de Mme Le Pen ne gagnerait pas une majorité à l’Assemblée nationale. Mr Macron a à peine un parti ».

Du côté des politiques …

Le passage de Macron au second tour a été un soulagement pour certains gouvernements étrangers qui n’ont pas manqué de le faire savoir. A peine vingt-quatre heures après les résultats, alors qu’il n’est pas encore élu, il a déjà reçu de nombreuses félicitations de personnalités politiques. Steffen Seibert, chef du service de presse du gouvernement allemand, a twitté pour lui exprimer son soutien pour le deuxième tour des élections, qualifiant son score de « bonne nouvelle ». Il en est de même de Pier Carlo Padoan, le ministre de l’économie italien, qui a exprimé sa joie de voir quelqu’un en faveur de l’Union Européenne être le favori. Il n’est pas surprenant non plus que le président de la commission européenne Jean-Claude Juncker lui ait apporté son soutien. On ne peut en revanche évidemment pas en dire de même de Vladimir Poutine qui soutient Marine Le Pen.

 

Au lendemain du premier tour, les réactions à l’issue du scrutin sont donc mitigées, bien que souvent favorables à Emmanuel Macron, par peur de voir un parti extrémiste arriver au pouvoir. Mais même si rares sont les journaux qui placent le Front National vainqueur des présidentielles, rien n’est encore joué car seuls deux points séparent les deux candidats.

Soyez le premier à commenter

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*