COP21 : Le récap’ de la semaine

Après avoir suivi les moments forts de la première semaine, La Plume revient sur les derniers jours de négociations.

Jour 6 :

Un premier texte de 48 pages a été élaboré néanmoins aucun sujet clé n’est réellement tranché et, les questions de financement de l’aide aux pays du Sud et de la répartition des efforts pour lutter contre le changement climatique entre les pays développés restent en suspens. Un négociateur a même résumé : « Soyons francs : tous les sujets politiques difficiles restent non résolus. La semaine prochaine sera celle du compromis. »

C’est le début du Village mondial des alternatives - organisé à Montreuil par Alternatiba et la Coalition Climat 21 - qui a réuni 30 000 personnes selon les organisateurs. Au Bourget s’est déroulée la « Journée de l’action » en présence de responsables politiques et d’acteurs non étatiques.

Jour 7 :

A midi, devant la mairie de Montreuil, s’est tenu le « Sommet pour le financement de la transition sociale et écologique » durant lequel l’évasion fiscale a été dénoncée. Pour l’anecdote, ce sont près de 200 chaises qui ont été réquisitionnées dans les banques du quartier afin d’accueillir des représentants d’ONG et de syndicats du monde entier.

Laurent Fabius, Président de la COP21, a réuni l’équipe des 14 « facilitateurs » qui l’aideront au cours de cette semaine et encadreront quatre groupes de travail : moyens de mise en œuvre (finances, technologies et capacités), différenciation entre pays riches et pauvres, ambitions de l’accord, actions à prendre avant 2020 (date prévue d’entrée en vigueur du texte).

Les ministres, qui prendront le relais des négociateurs dès lundi, commencent à arriver à Paris.

Jour 8 :

Une alliance mondiale pour la géothermie réunissant 36 pays et 23 institutions est lancée par l’Islande, la France et le Kenya. Elle souhaite multiplier par 5 d’ici 10 ans la capacité de ce secteur. Selon, le Président islandais, Ólafur Ragnar Grímsson  : « Exploiter seulement 5% du potentiel géothermique mondial couvrirait la totalité des besoins énergétiques de la planète pendant dix mille ans ».

Laurent Fabius annonce que les pays développés mobiliseront 10 milliards de dollars d’argent public afin de soutenir une initiative africaine de développement des énergies renouvelables.

L’agence internationale des énergies renouvelables évoque la possibilité de doubler leur part d’ici 2030 ce qui permettrait la réduction de moitié des émissions de CO2 nécessaires pour rester sous la barre des 2°C.

Jour 9 :

En ce jour, ce sont les femmes qui sont mises à l’honneur. Les réunions « genre et solutions pour la justice climatique » ou encore « femmes et énergies durables » ont eu lieu et Ségolène Royal a déclaré que « L’égalité homme-femme est une condition indispensable à la réussite de la lutte contre le dérèglement climatique »

On retiendra aussi que 115 firmes multinationales (FMN) appartenant au groupe Caring for Climate, se sont engagées à réduire leurs émissions de gaz à effets de serre.

Jour 10 :

Un nouveau projet d’accord, qui a été raccourci (29 pages), est proposé vers 15 heures et des décisions ont été prises sur les trois-quart des options.

Une vingtaine de pays émergents jugent que le texte remet en question le principe de 1992 qui prévoit que l’action climatique incombe prioritairement aux pays développés alors que le Nord voudrait voir des pays en voie de développement y contribuer financièrement. C’est en ce sens que de nombreux pays en développement ont réaffirmé leur volonté de ne pas être mis, dans le texte, sur le même pied que ceux du Nord, responsables historiques du dérèglement climatique et disposant de plus de moyens : « Un accord durable ne peut pas être élaboré (…) en mettant les pollueurs et les victimes sur le même pied » a dénoncé le ministre de l’environnement indien Prakash Javadekar. Le Secrétaire d’Etat des États-Unis, John Kerry, les soutient en annonçant le doublement, d’ici 2020, de l’aide américaine fournie pour l’adaptation des pays du Sud au changement climatique.

Jour 11 :

Le temps presse, Ministres et négociateurs ont passé une grande partie de la nuit à travailler sur la base du projet rendu.

En cette journée des droits de l’Homme, les ONG souhaiteraient qu’un paragraphe détaillant les droits fondamentaux soit inscrit au sein de l’accord.

Jour 12 :

A l’issue d’une seconde nuit blanche pour les différentes délégations qui se retranchent derrière leurs positions, il est annoncé que le projet sera finalement rendu samedi. L’heure est aux concessions.

Il est question d’accentuer les efforts et de limiter la hausse des températures à 1,5 degrés contre 2 degrés initialement prévus. Les ambitions seront corrigées à la hausse tous les 5 ans à partir de 2025 et les pays développés devront verser à minima 100 milliards de dollars par an pour aider ceux en voie de développement.

Jour 13 :

Après 13 jours d’intenses discussions, c’est ce midi que François Hollande a déclaré qu’un projet d’accord « universel, contraignant et différencié » a enfin été trouvé. Laurent Fabius soumettra le texte à l’approbation des 196 Etats présents dans l’après-midi. Il ne fera pas l’objet d’un vote formel mais d’une décision de consensus, autrement dit, si aucun Etat ne manifeste son désaccord alors le texte sera validé. Néanmoins, la signature de ce dernier n’aura sans doute pas lieu avant début 2016 et il entrera en vigueur qu’au 1er janvier 2020…

« Un espoir considérable s’est levé. Le monde s’est mis en marche » et, il retient son souffle a ajouté le Président de la République. Après Copenhague, c’est un pari réussi mais à suivre avec attention notamment dans la mise en application du texte.

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