Paris pour les JO 2024 : a-t-on raison d’y croire ?

JO 2024

Depuis que François Hollande a fait part de son désir de présenter la candidature française aux Jeux Olympiques de 2024, le 6 novembre dernier, le rêve olympique s’est installé à travers le pays. Mais la France en a-t-elle le potentiel ?

Si les Jeux Olympiques tels que nous les connaissons aujourd’hui, ont vu le jour grâce au Français Pierre de Coubertin qui a fondé le Comité International Olympique (CIO), notre pays  n’a pas accueilli de compétition d’été depuis 1924.

2024 : cette date d’anniversaire pourrait jouer en faveur de Paris. Le challenge semble, toutefois, à double tranchant.

Le premier atout de Paris tient à son complexe sportif. Le Stade de France, le Palais omnisport de Bercy, le Centre aquatique d’Aubervilliers, le Vélodrome de Saint-Quentin-en-Yvelines ou encore le Stade olympique Yves du Manoir construit pour les JO de 1924 à Colombes, sont autant d’infrastructures qui pourraient accueillir les épreuves majeures des Jeux Olympiques. Leur accès sera en outre facilité grâce à l’aboutissement du projet du Grand Paris, qui a pour but de favoriser le rayonnement culturel de la ville en tenant compte des problématiques environnementales.

Tandis que certains prônent un projet de société, facteur de cohésion sociale et de solidarité entre les citoyens, d’autres mettent en avant la création d’emplois qui résulterait de l’organisation de l’évènement sportif. Pour évaluer la pertinence des arguments avancés, une étude a été lancée par le CIO le 26 mai 2014. 200 consultants sont chargés d’établir une stratégie olympique en rendant compte de la pertinence de l’accueil de ces Jeux – et de leurs impacts, économique, sociétal et international.

Selon Thomas Bach, président du CIO, Paris pourrait être une candidature « très, très forte ». C’est une ville ambitieuse qui s’apprête à accueillir de nombreux évènements sportifs comme l’Euro en 2016 et la coupe du monde de handball masculin en 2017 notamment. En accueillant les Jeux Olympiques, la capitale se ferait vitrine mondiale ; engageant la réputation internationale de son pays.

Mais, en dépit des nombreux soutiens à la candidature parisienne, la décision finale revient à la maire de Paris, Anne Hidalgo. Cette dernière avait semblé réticente quant à cet emballement précipité lors d’une conférence de presse en  novembre dernier. « Avoir des rêves c’est magnifique, les réaliser c’est encore mieux. Je ne suis pas pour les décisions hâtives, prises sous le coup de l’émotion. Il faut de l’émotion, mais il faut aussi de la raison » avait-elle confié. Avant le dépôt d’une éventuelle candidature de Paris, il faudra donc évaluer le potentiel français.

Trois conditions sont essentielles selon la maire de Paris ; d’abord l’éthique et la transparence pour éviter un trop grave endettement à l’instar de la Grèce suite aux JO de 2004, ensuite la mise en place d’un modèle économique visant à encourager le progrès et le développement économique et, enfin, le respect du climat environnemental qui est au cœur des préoccupations mondiales, comme en témoigne la Conférence sur le climat se tenant à Paris cette année.

Mais, ce sont les retombées économiques qui semblent les plus préoccupantes. Ainsi, selon un sondage IPSOS réalisé en mars 2014, les JO 2024 sont perçus comme «un luxe que la France ne peut pas se permettre par ces temps de crise» pour 55,2% des sondés. Au contraire, 44,8% y voient «un vrai moteur de croissance pour le prestige de la France, pour l’emploi et pour le développement du sport».

Un sondage CSA, réalisé il y a quelques jours, révèle, cependant, que 79% des Français interrogés sont favorables au projet.

En 2016, les Jeux Olympiques d’été auront lieu à Rio de Janeiro, puis viendra le tour de Tokyo en 2020. L’Europe semble donc être une bonne candidate pour 2024. Mais, Paris pourrait être confronté à des concurrents de taille comme Berlin qui a les Jeux dans sa ligne de mire mais également Doha qui accueillera la coupe du monde de Football en 2022.

Actuellement, les deux villes ayant officialisé leur candidature pour 2024 sont Rome et Boston. Soyons patients, la France a jusqu’à l’été 2015 pour déposer sa candidature.

jo

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