La face cachée du sport de haut niveau en France

Loin des strass et des paillettes du football ou du rugby, la réalité concernant le sport de haut niveau en France est toute autre. Selon le secrétaire d’Etat aux Sports Thierry Braillard, les sportifs de haut niveau ont même « l’un des statuts les plus précaires de notre pays ».

Le constat est clair : les deux tiers des sportifs français de haut niveau (sous contrat avec une fédération) vivent en dessous du seuil de pauvreté. Ils seraient même 40 % à vivre avec moins de 500 euros par mois. Voilà les conclusions d’un rapport datant de février, réalisé par Jean-Pierre Karaquillo, juriste et fondateur du Centre de droit et d’économie du sport de Limoges.

« De nombreux sportifs français pratiquant une discipline peu ou pas médiatisée ont un salaire qui leur permet à peine de subvenir à leurs besoins »

Loin des revenus astronomiques de Tony Parker (16 millions d’euros en 2014), Karim Benzema (15,8 millions d’euros) ou encore Franck Ribéry (14,8 millions d’euros), de nombreux sportifs français pratiquant une discipline peu ou pas médiatisée ont un salaire qui leur permet à peine de subvenir à leurs besoins. C’est le cas par exemple de sports comme le badminton, l’aviron, le canoë-kayak, la gymnastique ou encore l’haltérophilie. De surcroît,  5 000 à 6 000 sportifs de haut niveau ne sont pas salariés car ils ne sont pas sous contrat avec leur club ou leur fédération (par exemple, les golfeurs ou les tennismen) et ne sont donc pas couverts en cas d’accident lié à la pratique de leur sport.

Une loi pour lutter contre la précarité des sportifs de haut niveau

S’appuyant sur les conclusions du rapport de Jean-Pierre Karaquillo, les députés français ont voté il y a quelques mois une proposition de loi visant à protéger les sportifs de haut niveau de la précarité  et à leur donner un statut propre. Le monde du sport a tout de suite apporté son soutien aux députés ; juste après l’annonce de la proposition de loi, 47 sportifs, parmi lesquels Martin Fourcade (biathlon), Renaud Lavillenie (athlétisme) ou Astrid Guyart (escrime), ont signé une tribune dans le journal L’Equipe pour soutenir la démarche parlementaire. Ce texte sera examiné au Sénat dans les jours qui viennent et pourra entrer en vigueur d’ici la fin de l’année. Trois mesures phares sous-tendent la loi. Premièrement, elle prévoit pour les sportifs de haut niveau une couverture sociale en cas de blessure lors d’une compétition ou d’un entraînement. Ensuite, un CDD spécifique pour les sportifs et les entraîneurs professionnels sera créé. Grâce à ce nouveau contrat de travail, ils pourront cotiser pour leur retraite et toucher l’assurance chômage en fin de contrat, tout en pouvant changer de club à leur guise. Enfin, les fédérations ou les clubs devront aider leurs licenciés de haut niveau à préparer leur reconversion, en leur assurant un suivi socioprofessionnel et une formation d’études supérieures. Pour le secrétaire d’Etat aux Sports Thierry Braillard, ces mesures ont pour objectif de « montrer à tous nos sportifs que le pays est derrière eux, les soutient et sait ce qu’ils ramènent et ce qu’ils méritent ».

Soyez le premier à commenter

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*