PSG Handball, l’émergence d’un géant

Dans l’ombre de son grand-frère du football, le PSG Handball, également racheté par les Qataris, grandit rapidement afin de s’inscrire parmi l’élite de la discipline et de dominer l’Europe.

PSG Handball

Gymnase du Phare, Chambéry, 30 mai 2012, 22h30. Une scène incroyable se déroule au bord du terrain où une quinzaine de gaillards culminant à 1m90 sont agglutinés devant un petit poste de télévision : l’ensemble de l’effectif du Paris Handball suit la fin de la rencontre entre Ivry et Istres. Vaincus largement (38-26) par les Savoyards quelques minutes plus tôt, les Parisiens savent désormais que leur maintien en Première Division ne passe que par une victoire ou un match nul d’Ivry face à Istres. A quinze secondes de la fin, les Ivryens égalisent à 26 partout, sauvant le Paris Handball, et condamnant Istres à la D2. A Chambéry, les Parisiens peuvent exploser de joie ce maintien va permettre au club d’amorcer un virage à 180° dans son histoire. En effet, une descente aurait été le seul frein éventuel à son rachat, opération essentielle pour le Paris Handball, club à l’agonie, qui depuis quelques années végétait dans les bas-fonds de la Première Division et avait même fait un passage d’un an à l’étage inférieur en 2010. L’identité des nouveaux investisseurs est déjà connue du grand public : il s’agit du fond d’investissement qatari QSI, qui un an plus tôt avait racheté les footballeurs du PSG. Le 4 juin 2012, le Paris Handball (immédiatement rebaptisé PSG Handball) est ainsi racheté à 100% par QSI, qui s’empare de l’autre antre de la porte de Saint-Cloud et vise à « construire sur la durée, une équipe de premier plan au niveau national et européen»selon son nouveau président, Nasser Al-Khelaefi. Jean-Claude Blanc, déjà directeur général du PSG, est nommé directeur délégué et est accompagné d’un ancien du PSG Handball, l’ex-gardien de l’équipe de France, Bruno Martini. Le souci principal des dirigeants va maintenant être de rapidement bâtir un effectif capable de rivaliser tout de suite avec les grosses cylindrées du championnat de France que sont Montpellier, Chambéry, Dunkerque.

Grâce à l’argent des Qataris (pour qui le coût sur le marché des transferts doit paraître bien plus faible au handball qu’au football) et à l’attractivité de son projet, le PSG Handball peut se doter immédiatement de stars internationales et mener un recrutement à la fois clinquant et réfléchi. Ainsi trois champions olympiques français débarquent à Paris : le spectaculaire ailier droit Luc Abalo, l’ex-montpelliérain Samuel Honrubia et le défenseur légendaire Didier Dinard. Les rejoignent également la star danoise Mikkel Hansen, meilleur joueur du monde 2011, ou encore le croate Mario Kopljar. Par ailleurs, l’ex-capitaine des Barjots[1]et ex-entraîneur de Chambéry pendant seize ans, Philippe Gardent, est choisi pour diriger cet effectif de rêve. Avec ce recrutement très intelligent (des joueurs très talentueux offensivement et la science défensive de Dinard), le PSG Handball semble alors pouvoir concurrencer dès sa première saison l’ogre montpelliérain.

Et c’est effectivement ce qu’il va se passer : le PSG Handball réussit une saison quasi-parfaite en championnat (24 victoires en 26 matches, 1 nul et 1 défaite) et est sacré champion de France 2013. Il est vrai que cet incroyable succès parisien a pu être facilité par les problèmes extra-sportifs ayant fragilisé Montpellier[2]et par un rythme de compétition allégé (un match par semaine) en raison de l’absence de compétition européenne, mais une alchimie aussi rapide et réussie reste tout à fait remarquable. La qualification pour la Ligue des Champions la saison suivante est ainsi assurée, il faut maintenant renforcer un effectif qui va être amené à jouer tous les trois jours.

Le deuxième volet du recrutement parisien est tout autant spectaculaire que le premier : le demi-centre réunionnais de l’équipe de France Daniel Narcisse rejoint la capitale, tout comme le pivot croate Igor Vori ou le demi-centre hongrois Gabor Csaszar. Avant même que la saison 2013-2014 ne commence, le PSG Handball est déjà vu comme un favori potentiel de la prochaine Ligue des Champions.

Toutefois, l’éclosion rapide et spectaculaire du PSG Handball n’a pas empêché que quelques couacs se produisent, le principal d’entre eux étant la défaite en finale de la Coupe de France fin mai dernier contre Montpellier. Le titre de Champion était en effet acquis depuis une semaine et l’animation et le sérieux des entraînements précédant la finale furent remis en cause par plusieurs joueurs cadres du groupe. En ce début de saison, le PSG connaît également quelques difficultés : tout d’abord, la claque reçue face à Chambéry en demi-finale du Trophée des Champions fin août (défaite en séance de jets de 7m). Puis le début de championnat poussif (nul arraché dans les dernières secondes à Toulouse, victoire très difficile contre Chambéry) contribuant aux doutes d’une équipe qui se sait très attendue avant ses premiers pas en Ligue des Champions. Premiers pas difficiles, par ailleurs, puisqu’après quatre matches, Paris ne compte qu’une victoire, pour un nul et deux défaites. Cependant, la suite de la compétition n’est pas compromise, pour un club qui dans un futur très proche envisage d’accentuer sa domination nationale et surtout de remporter cette Ligue des Champions afin de s’inscrire parmi les géants du continent européen.

Arnaud Levy

DEGEAD 2 CEJ

[1]Les « Barjots » sont les joueurs de l’équipe de France médaillés de bronze aux JO de Barcelone en 1992 et Champions du monde en 1995, surnommés ainsi pour leur côté déjanté.

[2]L’affaire des paris truqués a fortement perturbé Montpellier : plusieurs joueurs furent mis en examen et licenciés par le club.

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