Entretien avec Aurélie Gaudillère, co-fondatrice et directrice générale d’Enerlis

Aurélie Gaudillère est co-fondatrice et directrice générale d’Enerlis, une PME du secteur énergétique. Il y a tout juste un an, Enerlis a signé une convention de partenariat avec la Fondation Paris-Dauphine. Mme Gaudillère revient pour La Plume sur la démarche mécénale de son entreprise.

Pouvez-vous présenter votre entreprise en quelques mots ?

Enerlis, que j’ai fondée en 2013 avec Thierry Martin, est la première société française de services en efficacité énergétique et environnementale (SS3E). Nous aidons nos clients – gestionnaires de patrimoine, collectivités, industriels - à réduire à la fois leur facture énergétique et leur empreinte carbone. Nous intervenons comme « guichet unique », du conseil à la réalisation, et sommes totalement indépendants vis-à- vis des énergéticiens. Nous employons actuellement trente personnes et avons réalisé dix-neuf millions d’euros de chiffre d’affaires en 2016.

Pourquoi avoir choisi Paris-Dauphine dans votre démarche de responsabilité sociale et environnementale (RSE) ?

Dans le contexte économique actuel, les entreprises doivent réévaluer leurs stratégies et leurs pratiques, et placer l’excellence au cœur des opérations afin de faire face à la concurrence. Nous recherchons également cette excellence dans notre politique de mécénat : l’Université Paris-Dauphine est l’une des meilleures universités de France, reconnue pour la qualité de ses enseignements en finance, économie, mathématiques et management. Elle est souvent considérée comme une faculté d’élite grâce à son exigence académique et est très prisée des recruteurs. Il nous a donc paru logique de devenir partenaire de l’Université via la Fondation Paris-Dauphine.

Quels sont les grands axes de votre politique RSE ?

Depuis la création d’Enerlis, nous avons toujours cherché à œuvrer pour l’intérêt général et sommes attentifs à être un employeur responsable et un acteur engagé. Cet engagement passe par une adhésion à de grands principes comme la Charte de la diversité ou le Pacte mondial des Nations Unies, mais aussi par une politique de mécénat ciblée. La lutte contre la précarité, notamment la précarité énergétique, est notre cheval de bataille. Toutefois, l’éducation pour tous et le soutien à l’entrepreneuriat font également partie de notre politique RSE. L’aventure avec la Fondation Paris-Dauphine a débutée en mars 2017, pour une durée de cinq ans, autour de deux thèmes : la formation des jeunes et le développement de l’entrepreneuriat.

Pourquoi soutenez-vous le programme « Egalité des Chances » ?

Enerlis est amenée à intervenir dans des quartiers difficiles, et nous sommes très touchés par la difficulté des jeunes de ces quartiers à accéder aux formations de l’enseignement supérieur. Nous adhérons totalement au soutien que leur apporte la Fondation Paris-Dauphine par un programme de renforcement spécifique et un parcours d’intégration dédié. De plus, notre entreprise travaille avec des bailleurs sociaux de ces zones défavorisées afin d’améliorer la qualité de l’habitat. Participer au programme «Egalité des Chances » nous est donc apparu comme la continuité logique de ce que nous faisons au quotidien.

Et l’Incubateur Paris-Dauphine ?

L’entrepreneuriat est un sujet qui nous tient à cœur, à Thierry comme à moi. Nous souhaitons aider les jeunes à croire en eux et à développer leurs idées. Cela passe par un soutien financier mais aussi par la transmission d’une expérience. Nous pensons qu’aider les jeunes entrepreneurs est un prérequis indispensable pour garantir la qualité et le dynamisme du tissu économique de notre pays.

Quel est l’impact de cette démarche pour l’entreprise ? En interne, en externe ?

En interne, les employés se sentent valorisés et sont contents de pouvoir participer aux programmes soutenus, d’autant plus que la plupart connaissent Paris-Dauphine. Il s’agit également d’un point positif en externe, notamment pour nos partenaires vendeurs d’énergie comme Total, Engie ou Bolloré Energie. Ils connaissent aussi l’Université et sont très sensibles aux politiques RSE des entreprises avec lesquelles ils travaillent.

Quelle(s) satisfaction(s) personnelle(s) retirez-vous de ce partenariat ?

En tant que chefs d’entreprise, nous essayons de lutter contre toute forme d’exclusion sociale. Par exemple, nous sommes attentifs à la diversité de notre personnel et embauchons des personnes en réinsertion sociale. Contribuer au programme « Egalité des Chances » complète cette démarche. Quant au soutien à l’entrepreneuriat, c’est pour nous, fondateurs d’Enerlis, une manière d’encourager les jeunes à croire en leurs idées, à développer leurs compétences et ainsi préparer l’avenir de la nouvelle génération.

Trois mots pour définir ce que vous investir dans la RSE vous a apporté ?

Je suis particulièrement sensible à l’action du programme « Egalité des Chances », et aider les jeunes à acquérir les codes de notre société est un devoir. Cela va au-delà du simple apport personnel. Il est à mon sens important d’encourager la création de start-ups et de petites entreprises.

Une question qu’on ne vous a pas posée et que vous auriez aimé qu’on vous pose ?

J’encourage les autres entreprises à donner aux programmes de la Fondation car ils contribuent à créer la génération de demain : le programme « Egalité des Chances » est porteur de valeurs telles que le dépassement des idées préconçues et l’ouverture d’esprit ; l’Incubateur facilite la vie des jeunes qui ont envie de créer et de rentrer de manière moins conventionnelle dans le monde du travail. Dans le futur, nous aurons besoin d’entrepreneurs capables d’être acteurs de leur vie et d’avoir un impact sur notre société.

Propos recueillis par Jonathan Cohen, DEGEAD 2

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