La mode et ses femmes

Dans une société obnubilée par l’apparence, la mode occupe une place prépondérante dans nos vies. Alors qu’elle rime bien souvent avec féminité, ce sont surtout les hommes qui la conçoivent : ils dessinent les collections et sont également majoritaires à la tête des grandes maisons de couture. C’est pourquoi, La Plume a décidé de vous présenter des portraits de femmes à la tête de grands groupes de mode. Américaines, italiennes, françaises, quelles sont ces femmes qui ont réussi à se démarquer dans cet univers paradoxalement si masculinisé ?

Vera Wang, l’indépendante

Âgée de 66 ans, Vera Wang est mondialement reconnue pour sa marque éponyme de robes de mariées. Après avoir décroché un diplôme d’histoire de l’art, elle obtient le prestigieux poste de rédactrice de mode chez Vogue. En 1989, après deux années passées chez Ralph Lauren en tant que directrice de la conception des accessoires, Vera Wang dessine sa première robe, celle qu’elle portera le jour de son mariage. Dans la foulée, elle ouvre, avec le soutien financier de son père, sa boutique de robes de mariées à New York et lance en parallèle, des collections de prêt-à-porter, d’accessoires et de linge de maison. Elle se fera réellement remarquer, en 1994, lors des JO d’hiver, en créant un ensemble brodé main pour une patineuse. Si l’on en croit la presse américaine, elle générerait environ un milliard de dollars de chiffre d’affaires par an en étant l’une des rares créatrices à être restée indépendante. Un succès que l’intéressée explique par le fait « d’utiliser des techniques que l’on ignore souvent de ce côté-ci de l’Atlantique car elles coûtent trop cher ».

Vera Wang Interview, The New York Times

Isabelle Guichot, l’inarrêtable

Ce nom ne vous dit rien ? Pourtant cette française d’une cinquantaine d’années est, depuis 2007, la PDG de Balenciaga qui compte plus d’une centaine de magasins dans le monde et a, auparavant occupé de nombreux postes haut placés. Pour anecdote, c’est sa rencontre avec l’homme d’affaires, Alain Dominique Perrin, lors de sa dernière année à HEC qui lui a permis de débuter. En effet, elle commence grâce à lui sa carrière chez Cartier, puis devient en peu de temps, grâce à son talent, Directrice Générale de la marque. Par la suite, elle va prendre les rênes de la maison Van Cleef & Arpels, tout en étant la présidente de Lancel et jusqu’en 2007, elle aura aussi été à la tête de Sergio Rossi. Qui dit mieux ?

Francesca Bellettini, la polyvalente

SAINT_LAURENT

Francesca Bellettini n’est ni plus ni moins que la directrice générale de Saint Laurent. Après des études à l’Université Bocconi de Milan, l’italienne se tourne vers la banque d’investissement à Londres, travaillant pour Goldman Sachs ou encore Compass Partners. Les années passent et c’est en 1999 qu’elle intègre le Groupe Prada au niveau de la division planification et développement. Elle sera ensuite nommée responsable des opérations de Helmut Lang, directrice associée du merchandising chez Gucci et directrice du merchandising et de la communication chez Bottega Veneta. Un beau palmarès qui sera à son apogée en septembre 2013 lorsqu’elle accède à la maison Saint Laurent. Bellettini a joué un rôle central dans le repositionnement et la popularité de Bottega Veneta dans les marchés émergents, nul doute qu’il en sera de même pour la marque française.

Maureen Chiquet, l’influente 

Maureen Chiquet a un parcours assez atypique. Si elle est réputée pour avoir été avant tout PDG de Chanel jusqu’à janvier dernier, ses études ne la prédestinaient pourtant pas à une telle carrière. En effet, même si cette américaine a étudié dans la fameuse Université de Yale, c’est dans le domaine du cinéma et de la littérature qu’elle a obtenu son diplôme ! Incertaine quant à sa future carrière, elle a alors décidé de partir faire un stage de marketing chez L’Oréal Paris : « the beginning of my career and love affair with the world of beauty and fashion. » dira t-elle plus tard. De retour aux USA, elle rejoint alors le groupe Gap où elle sera successivement assistante merchandiser, vice-présidente exécutive d’Old Navy et présidente de Banana Republic. En 2003, elle intègre finalement Chanel où, seulement un an plus tard, elle sera nommée Présidente de la marque aux Etats-Unis. L’année 2007 est l’année de la consécration pour cette business woman : elle devient Présidente Directrice Générale de Chanel, et est classée 80e femme la plus puissante du monde par le magazine Forbes. Les causes de « divergences stratégiques sur l’orientation de la maison » auront eu raison d’elle, puisqu’elle démissionna le 27 janvier dernier. 

Maureen Chiquet

Aujourd’hui, les dirigeantes de maisons de couture ne représentent une dizaine de femmes dans le monde, guère plus. Une volonté de casser les codes et une détermination à toute épreuve, voilà ce qui réunit ces business women de la mode dont il n’existe pour l’heure, aucun portrait type.

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