Pink Floyd, The Endless River : Fin de l’odyssée

Pink Floyd - The Endless River
Pink Floyd - The Endless River

Vingt ans pour une « rivière sans fin ». C’est ce 10 novembre qu’est sorti le dernier album du mythique groupe Pink Floyd. Que dire, sinon qu’il était attendu ?

Pink Floyd - The Endless River
Pink Floyd - The Endless River

Cinquante années d’anthologie musicale se sont succédées, livrant autant d’albums lunaires que de concerts ardents. Atom Heart Mother, Meddle, Dark Side of the Moon, Wish You Were Here, The Wall : Pink Floyd n’a plus rien à prouver. The Endless River n’est qu’une autre brique à ajouter dans la discographie des Floyd.

En innovant toujours plus musicalement notamment grâce à l’utilisation de technologies analogiques révolutionnaires pour l’époque, Pink Floyd a conquis des générations et des générations de mélomanes dans leur quête du son parfait. On pense à Dark Side of the Moon qui n’a jamais pu être joué en live, entreprise folle depuis réalisée par « La Compagnie Inouïe » armée de synthétiseur AKS, Minimoog, d’orgues Hammond ou de pianos Wurlitzer. Avec cet ultime album, car Pink Floyd n’en composera plus, c’est une époque musicale toute entière qui s’achève, une exploration dans les limbes du psychédélisme et du rock planant progressif qui prend fin.

Certes, le groupe qui fit jadis un tube à l’aide d’une simple caisse enregistreuse n’est plus au complet mais il n’a pour autant pas perdu toute sa splendeur. Malgré la perte de Syd Barrett, le « Crazy Diamond », le décès du génial claviériste Richard Wright ou le départ du bassiste et leader Roger Waters – qui a récemment clôturé une superbe tournée de The Wall -, David Gilmour et Nick Mason livrent un dernier très bel album mélangeant bandes inédites et travaux originaux.

Pas d’explosion de mur ou de voyage cosmique cette fois, mais une longue litanie poétique et mélancolique. Opus instrumental à l’exception d’un ou deux morceaux, The Endless River nous berce le long du plan d’eau. Les synthétiseurs chantent, les voix murmurent et les guitares résonnent au rythme du courant qui nous emmène. Plus qu’à se laisser porter d’une traite par les mélodies suaves et stratosphériques des cinquante minutes restantes. Un clavier rappelle Welcome to the Machine, une guitare Shine On You Crazy Diamond ; la douce mécanique est relancée. Proche d’un album à thème, difficile à apprivoiser dès la première écoute, The Endless River réveille délicatement la face cachée de nos tympans trop souvent délaissée. En apesanteur, la mélodie supplée les mots, chuchotant un passé désillusionné avec sensibilité. Talkin’ Hawkin livre un discours sur la communication ; Gilmour chante dans Louder than Words la connexion symbiotique mais sulfureuse qui unissait le groupe, en hommage à Nick Mason, pour clôturer l’album. De la tristesse transparait bien sûr, et peut être une once de culpabilité de ne l’avoir pas toujours « considéré à sa juste valeur » d’après ses propres mots. L’album fini, la fonction repeat s’actionne, l’album peut recommencer, les orgues pleurer et les parasites chuinter. « It’s louder than words ».

Les plus critiques qualifieront l’album de décevant, de redondant, d’insipide allant jusqu’à accuser Pink Floyd d’auto-plagiat. S’il est clair que The Endless River ne réinvente pas Pink Floyd, la réponse est peut-être simplement que Pink Floyd n’a plus besoin d’être réinventé. The Endless River est déjà numéro 1 des charts au Royaume-Uni et en Europe, vingt-ans après The Division Bell, quarante ans après Dark Side of the Moon. La musique parle d’elle-même : écoutons-la.

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