Fashion week parisienne, Soleil sur la rentrée !

Le défilé Chanel.
Quand Karl se meut en militant !

 Qui a dit que rentrée rimait avec morosité ? Qui a dit que routine rimait avec déprime ? L’été a joué les prolongations, et rien de tel que quelques rayons de soleil pour enjoliver septembre. Dans les rues de Paris la semaine dernière, on a même frôlé le quiproquo. A la question des semi ignorants : « quelle saison on fête ? » survenait la réponse « Printemps-été ». Aux pragmatiques, je vous devance, il ne s’agit pas d’une erreur volontaire de calendrier, mais plutôt d’une avance rapide vers 2015 et toutes ses belles promesses. Quand Paris revêt ses allures de capitale internationale de la mode, c’est toute la fashion-sphère qui est en émoi. Paris, glamour toujours, aussi authentique que moderne, frivole, poétique, engagée et multiple. En soi un « Paris » osé, mais un « Paris » qu’on aime prendre, avec confiance aveugle en ses couturiers visionnaires. Focus sur cette déferlante d’harmonie et de bon sens.

Paris est éternelle. L’incroyable alliance des inspirations passées et d’une profonde modernité, qu’on retrouvait déjà sur les podiums pour cet hiver semble être renouvelée. Et ce n’est pas Dior, derrière le crayon habile de Raf Simons qui dira le contraire. Il a aimé employer le mot fusion pour décrire la part belle faite aux manichéens. C’est des fleurs sur des robes-chemises, des jupes corolles et de la transparence, du cuir et de la fluidité, une touche de matelassé et des souliers très futuristes. La transposition très juste que le précieux du passé peut être actualisé au présent.

Atemporalité aussi exprimée différemment chez Louis Vuitton. La fondation LVMH (qui sera inaugurée fin octobre), où s’est tenu le défilé, se présente dès lors comme le temple de la contemporanéité. Le géant LV ne peut toutefois se passer de ses icônes, Charlotte Gainsbourg et Sophia Coppola pour faire briller le show. Comme quoi, l’image d’une marque s’inscrit dans la durée.

Paris est dynamique. La bonne nouvelle, je m’empresse de vous la dire : l’été sera orange ou ne sera pas. On peut donc déjà se rêver, la peau bronzée, pétillante dans nos vêtements vitaminés. Nina Ricci nous fait passer clairement le message, robes, escarpins, boucles d’oreille, le tout en orange vif, proportionné et jamais too much. Barbara Bui en rajoute une dose, le mixant avec du doré : entre acide et bling-bling, plus question d’être timide. On a donc tout l’hiver pour méditer l’idée que cet été il va falloir se faire remarquer.

Paris est nostalgique. On ne présente plus Jean Paul Gaultier qui fait vivre la mode depuis maintenant plus de trente ans. Alors quand il décide de tirer sa révérence au Grand Rex, à la fin d’un show survolté, reprenant les codes de l’élection de Miss France, le monde de la mode est gagné par l’émotion. On lui doit la légitimité accordée au masculin/féminin, dont aucune collection ne peut à présent se passer. On lui doit la crédibilité accordée au sportchic, qui gagne du terrain d’année en année. On lui dit donc merci, pour cette mode décomplexée qui nous a fait vibrer et qui continuera de nous inspirer.

Le pudique Christophe Lemaire, signait aussi sa dernière collection pour Hermès. Fidèle à lui même, les silhouettes sont parfaites et épurées, les matières sont nobles et naturelles. On retrouve le blanc, vainqueur chaque été, le moutarde et la palette de beiges qui viennent réchauffer l’ensemble. Lui, il réchauffait nos cœurs par tant de délicatesse.

Enfin, Chloé dédiait sa collection à sa fondatrice Gaby Aghion, qui nous a quittés à la veille du défilé. Elle était l’une des premières à avoir compris et exaucé la femme moderne. Pour lui rendre hommage, gardons en tête que féminité et simplicité sont des termes qui s’accordent.

Le grand final du défilé du Jean-Paul Gaultier.
Le grand final du défilé Jean-Paul Gaultier.

Paris est féminine. C’est ce qu’on retient de l’exceptionnel défilé Chanel. Karl Lagerfeld trouve toujours le moyen de nous surprendre. Après l’étonnant supermarché Chanel dans lequel était présentée la collection de cet hiver, voilà qu’il crée le boulevard Chanel où défile l’été. Nos premières pensées sont donc pour Coco qui nous disait sagement « il n’y a pas de mode si elle ne descend pas dans la rue ». Encore une fois, il nous offre donc une mode très accessible. Les mannequins défilent à deux, à trois, peignant une promenade entre copines. L’étudiante à besace, la business woman en tailleur, l’ultra féminine de rose vêtue, la rockeuse enchainée, de la couleur et du noir et blanc. Conviviale, chaleureuse, diverse, la mode Chanel sert les femmes, aussi multiples soient- elles. Le spectacle atteint son apogée en se clôturant sur une géante manifestation de mannequins, arborant des pancartes aux slogans féministes. « Féministe mais féminine » nous pouvons lire sur les panneaux. Signe que Karl aime les femmes autant que les femmes l’aiment, il veut qu’elles s’affirment et leur donne la mode pour le faire.

Le défilé Chanel.
Quand Karl se meut en militant !

Paris est spontanée. On le dit souvent, le plus beau défilé est celui de la rue. On aime donc voir que la mode dépasse les catwalks. Venues du monde entier, les modeuses se bousculent aux portes des défilés. Mais aucune d’entre elles ne vient égaler la parisienne. Une parisienne très libre et s’autorisant excentricités en tous genres. Liberté transfigurée dans tous les défilés d’ailleurs, d’Elie Saab à Lanvin en passant par Dior, habillant la femme avec beaucoup de légèreté, de matières souples et offrant une mode à l’instar de la femme d’aujourd’hui, affirmée et audacieuse.

Et dire qu’il va falloir attendre. Vivement l’été prochain.

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