Quand Microsoft cherche Google

En février 2013, Microsoft ouvre une série de sites internet et un blog autour d’une même idée, « Scroogled ». Ce mot-valise vient de « screwed » et « Google », il signifierait vulgairement « se faire baiser par Google ».  Cette initiative assez particulière vient notamment de Mark Penn, un nouveau venu chez Microsoft qui a travaillé sur la campagne présidentielle de Hillary Clinton. L’idée est simple et finalement assez explicite, les consommateurs et les internautes se font avoir par Google et il convient de dénoncer ces pratiques, en gagnant au passage des parts de marché.

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Le site internet scroogled.com est assez bien fait. Plusieurs vidéos sont proposées autour de thèmes précis. Chaque activité de Google est décortiquée puis pointée du doigt. Google propose par exemple un service de shopping en ligne, un petit film nous explique que les résultats des recherches que l’on peut faire sont en fait similaires à des espaces de pubs, plus le vendeur paie Google et plus son produit sera visible. L’utilisation de ce service est cependant très marginale en France, vous auriez raison de ne pas vous sentir concernés. Mais qui n’a jamais téléchargé une application Android ! À chaque téléchargement, Google envoie au créateur de l’app votre nom, votre adresse mail et votre localisation. Vint Cerf, l’un des pères d’Internet, travaille actuellement pour Google et a déclaré en novembre dernier que « la vie privée peut être considérée comme une anomalie ». Les utilisateurs Android sont nombreux, qu’en est-il des personnes ayant un compte Gmail ? Des robots passent continuellement en revue l’ensemble des mails que vous recevez pour identifier des profils types grâce à une série de mots-clefs et ainsi proposer des publicités personnalisées sur les bandeaux. Et depuis peu, Google envoie directement des publicités ciblées aux utilisateurs Gmail dans leur boîte. C’est moche. On peut compléter la campagne de Microsoft contre le géant de la Silicon Valley par une constatation simple. Avec la politique de compte Google unique, une grande partie de l’activité internet est associée à un profil qui pourra servir de base publicitaire, les services concernés sont nombreux : Google+, Google Maps, Google Store (Android), Gmail, Picasa, Blogger, Hangouts et depuis peu Youtube pour ne citer qu’eux.

Mais ne nous méprenons pas, Microsoft n’est pas tout blanc dans le domaine de la vie privée. La compagnie cumule également des services qui peuvent être utilisés avec un compte unique, Bing, Xbox, Skype ou Office, en plus d’être le système d’exploitation des ordinateurs par excellence. On ne peut nier cependant l’effort fait en matière de transparence quant à la politique de confidentialité et le désir d’offrir un service toujours amélioré comme le montre la peau neuve de Bing. Google n’est d’ailleurs pas tout noir non plus. L’ensemble des souplesses que s’accorde Google en matière de vie privée est supposé être justifié par la volonté d’offrir un service toujours plus personnalisé et de proposer un Internet propre à chacun. Que cela est louable.

La vie privée sur le net n’a jamais été autant d’actualité. C’est le sujet à la mode sur les sites d’information qu’on rattache aisément à tout ce qui traîne par sa capacité à concerner tout le monde sans que personne n’ait grand-chose de nouveau à proposer. Il est récemment revenu sur le devant de la scène avec  les bavures de la NSA. En outre, pensez-vous que ce problème peut être résolu par une nouvelle législation émanant du parlement européen dont la moyenne d’âge avoisine les 50 ans ? Il est permis d’en douter bien que ce soit d’actualité. Rien n’est vraiment gratuit sur Internet, sommes-nous prêts à utiliser Google en échange de notre vie privée ?

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