Défense des 3 débats de Sarkozy

Défense des 3 débats de Sarkozy

par Frédéric Lucas

 

Au soir du 22 avril, alors que l’ensemble de la classe médiatique se félicitait d’une participation record tout en regrettant un terrifiant score pour le front national, le challenger désigné pour la seconde joute  repartait déjà au combat. En effet, dès son intervention M. le Président décide de marquer les esprits en ne proposant pas moins que trois débats d’entre deux tours avec son adversaire du second tour.

 

Refus catégorique et aussi net de M. Hollande estimant que la tradition était d’un débat et qu’il en resterait là.

 

Peur ? Faiblesse ? Tous les commentateurs en tirent une conclusion plus ou moins avisée et M. Le Président se place dans une position très confortable à la suite de cette manœuvre politiquement politicienne : celle du « Moi, j’étais prêt à jouter !».

Une fois n’est pas coutume, la proposition est bonne et devrait être appliquée.

Cependant, la défense de M. Hollande reste faible.  Est-ce parce que nous avons toujours mal fait les choses qu’il ne faut pas en changer ? Nous avions pourtant cru qu’il était porteur de ce « changement ». En effet, à l’aube du 21e siècle et au cœur de la pire crise économique depuis 90 ans, il serait peut-être le temps d’envisager une vision de long terme et de la confronter au cour de trois débats à thèmes :

Premier débat : l’Europe. Absente du débat sauf pour être la variable d’ajustement d’une politique budgétaire ou immigratoire, l’Europe est aujourd’hui en pleine crise économique, morale et sociale. Aucun des pays n’espère une croissance supérieure à 2% lorsque les autres pays du monde tendent à croître bien plus fort (3-4% aux USA, 8-10% en Chine) et une majorité voit sa population décliner. La croissance n’est pas au bout du chemin. Le modèle européen et l’esprit de Schumann sont à reconstruire lorsque l’on voit la ruine qu’est la solidarité européenne. Si nos dettes étaient en commun, nous n’aurions pas de crise et serions moins endettés que les USA. Pourtant, pas de crise du dollar ? Un traité budgétaire n’améliorera rien, il faut une vraie réflexion et un débat entier sur cette idée «d’Europe »

Second débat : Economie, fiscalité et système de redistribution. Ce sujet est très abordé, et pourtant, avec quel flou ! Il est bien difficile d’arracher à M. Hollande des précisions sur son programme de croissance. Par ailleurs, dans un pays qui compte 10% de chômeurs, un système fiscal les plus complexes du monde, une balance commerciale déficitaire de manière systématique depuis 10 ans, ne serait-t-il par intéressant de penser à l’idée de ré-industrialisation de la France de M. Bayrou ?

Il serait bon que les deux hommes opposent leur vision d’une société qui travaille et d’une société assistée. La France a besoin d’un avenir.

Troisième débat : Education, société et immigration. Cette campagne marche sur la tête. Les sociétés européennes sont vieilles et menées par des vieux pour des vieux. Aucun dirigeant politique ne fixe clairement une réelle politique pour la jeunesse. C’est d’abord ces forces vives, ces gisements d’entrepreneurs et d’innovations qu’il faut favoriser pour un avenir prospère et serein. Quelle est donc la France sociale que nos candidats veulent voir ? Celle d’une société sans immigré et sans croissance ? Ou d’une société intégrée et apaisée qui respire de sa jeunesse ?

En ces temps difficiles, il faut un cap. Et pour un cap clair, il nous faut plus que deux petites heures encombrées de chamailleries et de polémiques médiatiques. Trois débats semblent un minimum pour comprendre clairement qui va nous diriger et quels sont leurs objectifs.

Encore une fois, M. Hollande a manqué de courage en refusant le combat. Pourtant, il aurait à gagner à se dévoiler. M. Le président n’a plus rien à prouver, nous savons pour quel leader nous votons. Pour M. Hollande, pas encore ! Surprise le 6 mai …

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