Les Ferias, victimes de leur succès ?

Alors que s’achève la période estivale et ses nombreux plaisirs, c’est également la fin de la saison des ferias, rassemblements populaires de grande ampleur caractéristiques de la péninsule ibérique.

Pampelune, Dax, Bayonne, Béziers, autant de villes, qui, chaque année, attirent des milliers de personnes dans leurs rues lors des ferias (près d’1,5 million de personnes à Bayonne cette année !). Ambiance festive garantie, celles-ci connaissent un succès grandissant d’années en années, loin cependant, selon certains, de leur esprit traditionnel.

A l’origine, les corridas étaient organisées lors des foires agricoles en Espagne, d’où l’origine du mot feria qui signifie foire en castillan. Si l’élément phare des ferias reste le lâcher de taureau, les réjouissances l’accompagnant ont pris peu, à peu, de plus en plus d’ampleur, jusqu’à devenir les gigantesques festivités que nous connaissons aujourd’hui.

Car les ferias, se sont avant tout des grands moments de convivialité, immenses rassemblements populaires où se côtoient toutes les générations ; aux défilés, animations de rues et grandes attablées le jour, succèdent des concerts et autres rendez-vous dans les bodega à la nuit tombée.

La tenue blanche et rouge de rigueur, foulards et ceintures parfois à l’effigie du pays basque, contribue à renforcer cet esprit festif  tout en effaçant toute distinction sociale pouvant parfois créer des barrières entre les individus.

Vous l’aurez compris, l’esprit des ferias est unique, de  par l’ambiance festive, la solidarité et la convivialité que celles-ci créent chaque année entre des milliers d’individus venus de tous les horizons.

 

Cependant, depuis quelques années, les ferias sont vivement montrées du doigt, celles-ci entraînant de plus en plus de débordements. Au départ centrées sur les corridas, celles-ci sont devenues l’occasion pour des fêtards, croissants chaque année, de venir essentiellement pour apprécier le goût de la Jacqueline et de la Sangria –les deux alcools typiques des ferias-  sans aucune limite, et ce pendant toute la durée des festivités.

Cet effet de foule, doublé de cet aspect « alcool coulant à flot », entraîne inévitablement de nombreux débordements et incidents très critiqués et auxquels les municipalités  essayent de remédier.

C’est ainsi que la ville de Bayonne, après avoir avancé ses ferias au mois de juillet, afin d’éviter la foule plus nombreuse du mois d’Août, prend de plus en plus de mesures de sécurité et de prévention : campagnes contre le viol ou contre une consommation excessive d’alcool, surveillance renforcée et alcool prohibé dans le camping ouvert par la ville pour la durée des fêtes …

Autre exemple, celui de la municipalité de  Vic-Fezensac, où les festivités de rues ont purement et simplement été interdites. Cette suspension des ferias, votée pour une durée de deux ans, doit, selon le maire et les élus de la région, aider à retrouver une fête « plus propre, moins oppressante », « maîtrisée et gérable » tout en sachant « redonner vie à l’âme vicoise ».

Si cette dernière mesure peut apparaître excessive, et si l’aspect convivial et festif des ferias reste intact et inébranlable, la question de l’alcool et des débordements que connaissent les ferias est de plus en plus problématique. Celles-ci, victimes de leur succès, semblent être frappées de plein fouet par le phénomène observé chez la jeunesse française aujourd’hui, à savoir une consommation sans limite et excessive d’alcool, qu’on peut voir comme le synonyme d’un malaise social beaucoup plus profond.

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