Le Forum de l’énergie dans les locaux de Dauphine

L’heure du bilan sur la situation climatique et la transition énergétique.

Le 24 Novembre 2016 s’est tenue la neuvième édition du Forum de l’énergie dans les locaux de Dauphine. Une opportunité pour faire le point sur l’avancement de la transition énergétique. Ce Forum a pris une approche peu conventionnelle en se focalisant plus sur l’aspect diplomatique des énergies. Comment les relations entre états constituent un axe majeur pour la Transition Énergétique. Une conférence en trois étapes.

La première partie a permis de souligner les tensions liées au monde de l’énergie. Avec une économie mondiale encore très dépendante des hydrocarbures, le souci de l’approvisionnement énergétique reste un enjeu majeur pour un Etat. Assurer une alimentation pérenne et continue pour éviter d’entraver son développement. Patrick Pouyanné, PDG du groupe Total, a très bien résumé la situation actuelle. Avec seulement 4 pays : l’Irak, l’Iran, L’Arabie Saoudite et les Emirats Arabes Unis, on a 50 % des réserves pétrolières mondiales. Une production très centralisée qui oblige les différents Etats à entretenir des bonnes relations diplomatiques avec ces pays. Une géopolitique parfois instable, comme ce fût le cas en Iran en 1979 lorsque le pays cesse ses exportations d’or noir (suite à un changement de régime politique), crise plus communément nommée comme le second choc pétrolier. Les conséquences ? Une hausse des prix du baril qui pénalise les pays consommateurs. En France, cette crise met fin à la croissance soutenue des Trente Glorieuses et marque le début d’une nouvelle ère. Une belle illustration de l’impact sur le développement d’un pays, de ce qui peut apparaître comme une simple ressource. L’énergie est donc une composante majeure de nos sociétés, sans laquelle les infrastructures, entreprises et particuliers ne peuvent fonctionner.

Laurent Fabius, président de la COP 21 qui s’est tenue à Paris en Décembre 2015, a soutenu l’idée que 80% des réserves d’hydrocarbures devraient rester dans nos sous-sols pour atteindre l’objectif des 2 degrés Celsius fixé par les Accords de Paris. Objectif qui coûtera environ 100 milliards d’euros par ans  selon l’ONU pour espérer diviser notre pollution par deux d’ici 2050. Malgré les bonnes volontés, l’argent n’est toujours pas sur la table. En revanche, la Chine et les Etats-Unis, les deux plus gros pollueurs de la planète, ont ratifié l’accord. Même si le nouveau président américain est un climato-sceptique, personne n’est en mesure d’assurer avec certitude qu’il se retirera des accords.

Après un épisode aux allures « nous avons réussi à sauver le monde » venait la partie la plus intéressante pour un étudiant intéressé par le sujet : celle des solutions. Une chose est certaine, à la vue des différents intervenants, l’innovation technologique qui permettra une transition est déjà en route et cela depuis un certain temps. Le PDG d’Heliatek, Thibaud Le Séguillon, vantait les mérites de sa dernière innovation : des transparents solaires pouvant se coller sur les façades des bâtiments. De plus, une fois usagés, ils ne contiennent pas de matériaux toxiques et les technologies pour les recycler existent déjà ! Avec une innovation comme cella là, de nouvelles possibilités émergent progressivement pour produire une énergie respectueuse de l’environnement. L’application du modèle Schumpetérien dans toute sa splendeur : une innovation qui vient bouleverser une filière industrielle toute entière.

Pour enrayer le réchauffement climatique, la solution politique semble s’inscrire dans la logique de la liberté individuelle. Autrement dit, donner les moyens aux particuliers de produire de l’énergie pour inciter les collectivités territoriales et les localités à prendre le tournant vert. Une solution qui peut s’avérer payante tant sur le plan technique que philosophique avec l’émergence d’un nouveau rapport à l’ordre étatique.

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