Dauphine Jazz Festival #12 : (no)Jazz is not dead !

Affiche du dauphine jazz festival #12
Dauphine Jazz Festival #12

            Quand on sait que l’amphi 8 accueillait tout au long de la semaine de pauvres étudiants de MIDO en pleins partiels (paix à leur âme), on se dit qu’après tout, un festival de jazz ne pourra pas être pire. On avoue ainsi à demi-mots que le jazz et les dauphinois, globalement, en dehors du DJF… ça fait deux. On rentre dans l’antre de ces chers Pezet, Delzangles et autres Oxibar : premier regard… Quelle surprise que de découvrir le lieu ainsi métamorphosé pour l’occasion ! Tant les lumières que la scène ou l’ambiance qui y règne, tous les éléments sont réunis pour permettre au DJF de mener à bien un objectif pourtant paradoxal : faire kiffer des étudiants dans une salle de cours. Trois groupes d’horizons et d’expériences variés se sont succédés ce samedi soir. Entrainé tour à tour dans un jazz élégant, une fusion jazz-électro explosive et un Afrobeat galvanisant, le public plus ou moins aguerri n’a pu s’empêcher de danser. Entre énergie déroutante et fraicheur dynamisante : retour sur des artistes, des vrais !

Affiche du dauphine jazz festival #12
Dauphine Jazz Festival #12

            Les premiers musiciens qui ont osé affronter un public nombreux ne se sont pas laissés impressionner. Urgence 22 est un groupe récent, âgé d’à peine deux ans, habitué des scènes jazz parisiennes comme le 38 Riv’, le Caveau des Oubliettes ou le Baiser Salé. Ils concilient les différentes influences de chacun de leurs membres : du rock de l’un des guitaristes au funk du bassiste, la formation se trouve comme dénominateur commun le jazz. Urgence 22 a ainsi su éveiller la curiosité pour le jazz qui sommeillait au fond des dauphinois. On ajoutera même (témérairement, car à la Plume, on aime vivre dangereusement) qu’ils ont enfin dévoilé à nombre d’étudiants une passion cachée !

            Au DJF, les groupes se suivent mais ne se ressemblent pas. Le « jazz » s’est ainsi vu modelé à l’image de chacun. Nojazz, justement, se décrit comme un groupe « trop jazz pour être électro mais trop électro pour être jazz ». Ces quatre musiciens ont su casser une image trop propre et carrée du jazz « traditionnel » ainsi que celle trop sérieuse d’un amphi 8 qu’ils ont complètement retourné. Avant eux, le « no man’s land » séparant l’étudiant du professeur n’était que mort et désolation (héritage certain d’un sombre cours de gestion). Grâce à eux, on l’a vu rempli d’un public se trémoussant au rythme rapide de leur mélange funky-jazz saupoudré de soul et dopé à la drum’n’bass. De leurs mots, « la musique existe parce qu’il y a un ressenti ». Ce ressenti était présent samedi soir, et le vrai-faux jazz de Nojazz a su fédérer tout un public. Sans aucun doute, la cerise sur le gâteau de leur show a été l’avant-goût de leur prochain opus (sortie en 2015), accompagnés du pétillant chanteur Jeffrey Mpondo.

            Les London Afrobeat Collective forment un groupe à l’image de leur musique. Il a en effet su puiser sa richesse dans sa diversité et inventer son style au carrefour d’influences musicales apparemment assez éloignées, dominées par un style afrobeat et des sonorités funk. La rythmique de ce cocktail savoureux est celle des percussions africaines et les lignes mélodiques sont celles du jazz. Le funk, déjanté comme il faut, s’y ajoute alors et vibre dans l’écho des Parliament Funkadelic menés par le follement célèbre (ou célèbrement fou, on ne sait plus) George Clinton. A la différence près qu’avec le London Afrobeat Collective, aucun ne mène la bande : chacun apporte à la musique sa part d’indispensable et d’unique. C’est aussi ce qui fait la magie de ce groupe éclectique qui ressemble à une bande de potes dont on aimerait bien faire partie, pour profiter aussi bien du punch qu’ils dégagent que de leur spontanéité. Un moment exceptionnel dont on ne voudrait pas vraiment voir la fin : c’est à raison que le groupe décrit sa relation avec le public de « magnétique » ! Fela Kuti avait goût à considérer la musique comme une arme, nous ont-ils rappelé leur de notre rapide entretien. Même s’il ne s’agissait pas là de «lutter» contre un public dauphinois particulièrement réticent, ses héritiers du London Afrobeat Collective auront su transpercer nos cœurs !

            Il n’y a pas vraiment de secret pour réussir un festival. De l’huile, des coudes, et un lien de causalité entre les deux. Cela, l’Oreille de Dauphine l’a bien compris : une fois de plus, la manifestation est une réussite avec une mention spéciale pour son organisation particulièrement bien orchestrée. Les musicos aux K-Ways verts ont su fait preuve d’un goût prononcé au travers du choix d’artistes fédérateurs (bien moins clivant en tous cas que les imperméables de l’association !). L’espace de festival inattendu qu’est l’amphi 8 s’est vu une fois de plus insufflé une ambiance détendue, dansante et chaleureuse. Et avec une mention spéciale pour les croquemonsieurs salvateurs qui n’ont pas manqué d’accompagner la traditionnelle pinte de festival. On dit merci, on reviendra !

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