Assassin’s Creed: Requiescat In Pace ?

Assassin’s Creed est une franchise très réputée, l’une des meilleures, et sur tous les plans : graphismes, musiques, concept, scénarios, dimension historique. Bref, de la bombe ! Et cela, les producteurs l’ont trop bien compris. Chaque opus d’Assassins Creed mériterait un article à lui seul, mais ce n’est pas le but ici, on va plutôt voir pourquoi la licence est en train de sombrer. Sans trop entrer dans le détail des scénarios pour éviter de spoiler à outrance, on mettra en exergue un certain déclin.

 

On est en 2007 : le tout premier Assassin’s Creed sort. C’est l’émerveillement. On découvre un tout nouvel univers, plein de questions et de mystères. Qui sont les assassins ? Que cherchent-ils ? Qui est Altaïr Ibn-La’Ahad (littéralement « Fils de personne »), qui est ce Desmond, où est il ? Intrigué par ces mystères s’éclaircissant petit à petit, le joueur évolue dans des cités médiévales comme Jérusalem ou Masyaf, on escalade, on fuit, on assassine furtivement. Le jeu est une pure extase ! Qu’il soit le premier opus participe grandement à son succès, il bénéficie de la « découverte » et de la nouveauté.

Prenez Assassin’s Creed, faites-le en Italie avec un personnage – Ezio Auditore Da Firenze – dont on connaît tous les secrets cette fois-ci, évoluant à une époque sensationnelle (la Renaissance !), fluidifiez les combats, développez le gameplay (assassinats, maniements d’armes…).Le résultat donne Assassin’s Creed II. Il y a donc une flopée d’améliorations, rendant l’expérience encore plus agréable. Au présent, l’histoire se développe, Desmond a trouvé des alliés (Lucy, Rebecca et Shaun), c’est un Assassin des temps modernes, qui acquiert les compétences de ses ancêtres par l’Animus 2.0, et continuant à fuir les templiers d’Abstergo. Les deux histoires coexistent pleinement, l’effet de rupture est moins brutal entre les séquences : dans le premier opus on passait de phases dynamiques au passé, on courait, chevauchait, escaladait, tuait, à des séquences au présent où on ne pouvait que marcher et s’allonger dans un lit. Voilà. Une évolution donc très positive, faisant potentiellement d’Assassins Creed II le meilleur jeu de la licence.

Voyant le succès du personnage d’Ezio, Ubisoft l’a davantage exploité. Il y a eu un second volet avec l’italien : Assassins Creed Brotherhood. L’histoire se poursuit, avec un gameplay similaire, agrémenté d’une arbalète, on évolue à Rome, on continue de croiser des figures historiques (les Borgia, Machiavel, Leonard de Vinci etc.). Autre nouveauté, la possibilité de recruter des Assassins, qui permet des phases de combats un peu plus sanglantes et stratégiques. Au présent l’histoire suit son cours, les Assassins se rendent à Monteriggioni à la recherche de la Pomme d’Eden, pour au final la localiser sous le Colisée. La licence stagne déjà légèrement sur le plan des améliorations, malgré l’introduction d’un multijoueur, l’expérience solo ne surprend pas plus que ça.

Assassins Creed Revelations : dernier opus pour Ezio, parti sur les traces d’Altaïr. Ubisoft a eu une bonne idée : creuser le personnage d’Altaïr. C’est au travers de séquences mémoires que l’on reprend le contrôle de ce maître, avec les améliorations de gameplay que l’on a citées, c’est donc une belle expérience de jeu. Ezio évolue à Masyaf et à Constantinople (on voit du pays avec Assassin’s Creed). Quant à l’histoire présente, elle est inexistante, Desmond est dans une BlackRoom, il ne se passe rien, à part qu’il rencontre le Sujet 16. Niveau Gameplay, les assassins recrutés sont plus travaillés, Ezio se dote d’un nouvel outil : le crochet, qui permet pas mal de choses en terme d’escalade et de combat ! Le mode multi est retravaillé aussi. On a donc un progrès par rapport à Brotherhood. La licence continue d’évoluer, plutôt positivement.

On en a fini avec Ezio, place à Assassins Creed III  et Connor. Probablement le jeu où le combat est le plus cool ! Fluide, diversifié avec l’usage de différents objets  (pièges, arc, arme à feu, tomahawk…), il est facile de provoquer d’énormes batailles interminables (voyez donc). Ce qui contribue aussi à diversifier le gameplay, ce sont les phases de batailles navales et les parties de chasse. Le jeu est très solide sur le scénario et le gameplay, les périples de Desmond touchent d’autre part à leur fin, et deviennent quelque peu farfelues depuis un moment, disons-le. C’est le dernier très bon Assassin’s Creed à notre avis.

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Les batailles navales seront (sur)exploitées dans Assassins Creed Black Flag par la suite. Non pas que cela manque d’intérêt, seulement on perd l’essence même d’Assassin’s Creed. On n’escalade plus, on navigue, encore, et encore. C’est un très bon jeu de pirate, mais pas vraiment d’Assassin. Au présent, une nouvelle histoire se développe avec comme point de référence, Shaun et Rebecca et l’exploitation industrielle des données de Desmond. C’est un jeu amusant, qui a encore un semblant d’originalité dans le scénario. C’est un bon produit, mais pas autant que les précédents, c’est un léger déclin, la licence commence à s’égarer.

            Assassins Creed Unity. L’histoire se déroule à Paris, ce qui permet à Ubisoft de miser beaucoup sur les graphismes. Voilà. Le reste ? Une voix off suffira à relier le jeu au présent, le personnage est sans grande consistance, il en va de même pour le scénario. C’est une espèce de reboot d’Assassins Creed II où le personnage dit « ça va » au lieu de « va bene », mais en moins bien. Le constat est le même pour Assassins Creed Syndicate : le présent se concrétise un peu plus, mais le jeu à Londres se transforme progressivement en GTA avec des calèches au lieu des voitures, l’escalade est affreusement simple, ce n’est plus un défi qui demandait un peu de réflexion comme avant (sans mentionner le grappin). Le scénario est décevant aussi, les missions secondaires sont plus drôles à jouer que les principales, et on se surprend à ne faire que ça. Le constat est sévère, ce sont deux jeux amusants, mais on en attend plus de la licence.

 

A la question est-ce que Assassin’s Creed se meurt, il faut se rendre à l’évidence que c’est ce que laissent penser les derniers opus. Un jeu par an c’est de la surexploitation. Ubisoft ne prend plus le temps de réfléchir, la licence devient trop commerciale (en témoignent tous les petits jeux parallèles sur Vita, Smartphones etc). On en attend beaucoup aussi, suite aux succès des premiers opus. Si Unity avait été le tout premier jeu de la licence, l’effet aurait été le même que pour Assassin’s Creed,  et il aurait été sûrement mieux reçu qu’il ne l’a été aujourd’hui.

Et vous, qu’en pensez vous ?

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