The Rock vs The Guns

En salle en ce moment : L’arme blanche ou l’arme à feu. Le péplum postmoderne ou le néonoir. Hercule ou Sin City 2. Pour choisir, il faut trancher: de la chair dans le deux cas.

Hercule, le catcheur mythologique 

Mythe, cinéma et catch reposent sur la puissance évocatrice de la représentation. Le dernier Hercule est ainsi la déconstruction du mythe. Chacun des 12 travaux est un round dans lequel le récit crée du réel. Et rien que pour ce parti pris déconstructiviste, l’œuvre mérite d’être saluée.

Dwayne Johnson joue littéralement le rôle de sa vie car à travers Hercule s’inscrivant dans l’inconscient collectif comme demi Dieu c’est le parcours de The Rock qui est conté : l’histoire d’un homme fort ayant compris les rouages de la communication pour devenir une superstar mythique. Pour entourer le fils de Zeus, les seconds rôles ne cassent pas trois pattes à un canard, mais des dents. Ils n’en restent pas moins sympathiques et peu avares en punchlines bien senties.

Enfin, comme dans tout péplum postmoderne qui se respecte ou comme dans n’importe quel autre blockbuster, les scènes de combats à coup de masses, flèches, sabres, lances, épées… sont efficaces et, tout comme le scénario ne cessant de jouer sur les apparences, bien rythmées.

Servi par un Dwayne Jonhson au jeu généreux faute d’être subtil (ce qui est loin d’être un reproche), Hercule donne une vision d’un making-of du mythe sans prétention ni complexe.

PS : A ceux qui se feraient une idée préconçue du jeu de Dwayne Johnson, il est de bon ton de rappeler qu’il a gagné autant d’Oscars que Leonardo DiCaprio (alors que lui n’a jamais été champion du monde de catch). D’ailleurs si un doute subsiste sur ses qualités d’acteur, il est grand temps de (re)voir Pain and Gain.

Sin City : j’ai tué pour elle ou le péché de paresse 

Une claque visuelle. Un récit aussi noir que jubilatoirement violent. Des hommes torturés et solitaires. Des femmes fatales et ultra sexuées. C’était en 2005. C’est en 2014. Rien n’a changé et c’est bien ça le problème : la claque n’en est plus une.

Ce second volet est étriqué dans un carcan trop daté si bien qu’il ne réussit que très rarement à prendre un peu de hauteur. La trame principale s’effile pour permettre à des personnages aussi colorés que profonds de tenter d’exister. Certains acteurs réussissent aisément comme Eva Green dont la présence et le rôle sont centraux et enrichissants. D’autres, comme Joseph Gordon Levitt, non.

Isolé, il faut bien admettre que J’ai tué pour elle se tient. Mais l’existence de son prédécesseur le rend dispensable tant les deux opus sont interchangeables. Un déjà vu qui n’est donc pas qu’une impression. Et comme la première impression est toujours la bonne, autant revoir Sin City premier du nom.

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