Natation française : l’après Rio

Alors que la natation française, après ses brillants Jeux de Londres (4 médailles d’or, 2 d’argent et 1 de bronze), arrivait à Rio comme l’un des plus grands espoirs du pays, elle repart du Brésil avec seulement 2 médailles d’argent. Coup dur pour cette délégation qui, quelques semaines après, voyait ses meilleurs nageurs partir à la retraite. Quatre mois plus tard, des questions se posent quant à l’avenir de la natation française.

Rio, la déception

On attendait beaucoup de nos nageurs, notamment de Florent Manaudou, champion olympique en 2012 sur le 50m Nage libre. Mais entre les affaires internes de la fédération avec le cas de Yannick Agnel et la déception au vu des résultats, les Jeux de Rio ont rapidement tourné à la désillusion pour cette délégation ambitieuse.

Pour le directeur technique national Jacques Favre, il s’agit de «la fin d’un cycle ». Mais est-ce la fin de ce que certains appellent « l’âge d’or de la natation française » ? Les Jeux de Tokyo représenteront ils le renouveau de la natation française ?

Changements au sein de l’équipe de France

Une chose est sûre, la natation française devra à l’avenir se débrouiller sans les superstars Florent Manaudou, Yannick Agnel, ou encore Fabien Gilot, capitaine de l’équipe. Ayant tous trois pris leur retraite sportive suite aux Olympiades de Rio, définitive pour certains, temporaire pour d’autres, ils laissent derrière eux un vide dans l’effectif des nageurs français. La question de la relève reste alors en suspens.

Alors qu’un cycle de 4 ans débute, les dirigeants de la fédération ont mis en place un nouveau plan de détection des jeunes nageurs talentueux en vue des Jeux de 2020. À cela s’ajoute une volonté de réforme des championnats de France et des modalités de qualifications aux échéances internationales. « On ne veut pas commencer à exclure, explique Jacques Favre. Quelques jeunes ne sont pas trop loin du truc, on leur laisse une chance d’y parvenir ». Ils espèrent ainsi recréer des conditions propices à l’éclosion de nouveaux talents.

Le regard tourné vers l’avenir

Au début du mois de décembre, les Championnats du Monde en petit bassin à Windsor au Canada ont permis de faire le point sur l’état de l’équipe de France à l’occasion de la première échéance internationale de la saison. L’objectif n’était pas tant de ramener le maximum de médailles, mais plutôt de relancer une dynamique. Le collectif, mené par Jérémy Stravius (champion du monde en 2011) et Jordan Pothain (finaliste à Rio) est nouveau, et met en avant de jeunes nageurs prometteurs. Finalement, nos Français reviennent avec 2 médailles d’argent, mais surtout avec de l’expérience internationale pour les nouveaux membres de cette équipe. Ce sont eux qui seront les stars de la natation française dans les prochaines années.

Le relais 4x100m médaillé d’argent à Windsor.

À noter également les excellents résultats lors des championnats de France petit bassin en novembre dernier à Angers, autre étape importante de ce début de saison. De nombreux records de France jeune ont été battus, ce qui est de bon augure pour les prochaines années.

Après les Jeux de Rio, la natation française était annoncée comme condamnée en raison du départ de ses meilleurs nageurs. Mais le vide qui règne au sein de l’équipe de France semble temporaire : une nouvelle génération apparaît et s’affirme sur le devant de la scène internationale. Il faudra donc être patient, la natation doit se reconstruire, mais en aucun cas elle n’est en déclin.

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