Where are their fucking Oscar nominations ?

Where are their fucking Oscar nominations ?

par Julien Laurian

Déferle depuis quelques mois une nouvelle vague cinématographique européenne : Nicolas Winding  Refn pour le Danemark, Gaspar Noé pour la France ou encore Steve McQueen pour l’Angleterre. Vague qui se brise en une multitude de promesses cinéphiliques que cela soit des mises en scène novatrices ou des acteurs incontournables.

Gosling, Fassbender … Premiers symptômes d’une nouvelle euphorie audiovisuelle. Découverte et surexploitation tardive de comédiens trentenaires et de gueules exceptionnelles dont le tsunami de sagacité va submerger les toiles et les ovaires. Mais quels ovaires ? Pas ceux des criardes impubères qui les découvriront à la couverture de ces magazines people qui vous épargnent la lecture de tout Sartre puisque comme le dirait Desproges, avec un seul numéro, vous avez à la fois la Nausée et les Mains Sales !
Non, ce sont des acteurs qui séduisent la caméra d’abord et magnétisent les spectateurs avertis ou non ensuite. Et pourtant…

Les fleurissantes et récentes remises de prix bien qu’assouvissant un patriotisme à peine dissimulé à travers The Artist, n’ont éclos qu’en frustrations multiples. Ô passion funeste, je suffoque sous la déception de découvrir un vide que le plus chauvin des souhaits ne saurait combler.

Oscar, à 84 ans souffrez vous d’Alzheimer ? Quand vous oubliez Drive je hurle à la lune.  Quand vous omettez Shame je hurle à la mort. Mais je ne me sens point seul puisque vous aussi vous hurlez, avec les loups, quand vous délaissez DiCaprio et son interprétation pour J. Edgar.
Ou peut-être serait-ce pour ne pas tenir concurrence au vieux continent qui, lui, a su honorer ces œuvres ? Je ne vous crois pas si amer.

Je suis au regret de constater que vous êtes à l’image de Liliane Bettencourt : une vieille et riche institution abusée par des figures majeures d’un conservatisme assumé. Sous la tutelle d’un marketing outrageusement omniprésent, vos nominations formatées et égocentriques, malgré leur qualité indéniable, manquent de panache et d’indépendance.

En attendant cette émancipation du circuit de production et de distribution, je me contenterai volontiers des festivals européens dont la valeur artistique prime encore sur la valeur économique.

 

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