Les AI Papers

Vous avez tous surement entendu parler des affectations Erasmus, ou plutôt de l’absence de celles-ci. La Plume vous propose de revenir sur cet imbroglio avec son enquête. Avant toute chose, précisons le but de cet article : il ne s’agit pas de critiquer le travail du service des Affaires Internationales (AI) mais plutôt de permettre aux étudiants de comprendre les différents problèmes rencontrés au cours de la procédure d’affectation des destinations d’échange. Les informations présentées proviennent majoritairement des syndicats étudiants, l’Uni, l’UNEF Dauphine et Esprit Do qui ont gentiment accepté de répondre aux questions de La Plume.

Maintenant que le cadre est posé, venons-en aux faits. Tout d’abord, il faut savoir que la procédure d’affectation a été annulée à deux reprises, la troisième session devant se finir au plus tard le 1er Mars.

 

Le service des AI a dans un premier temps rencontré un problème lié à l’informatisation des choix de destinations.

 

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, ce n’est pas la procédure d’affection qui a été informatisée mais uniquement la procédure de choix des élèves. Auparavant, après le test de langue, les élèves étaient convoqués chacun leur tour pour choisir leur destination. Cette année le service a voulu gagner du temps en demandant directement aux élèves de faire leurs vœux par Internet. Cependant, la personne à l’origine de cette nouvelle procédure de choix est partie à la retraite en début d’année, laissant une procédure informatique « peu performante ». Le principal souci était que les étudiants qui ont choisi le premier semestre pour une destination, ne pouvaient pas demander cette même destination au second semestre en cas de refus de leur premier vœu. On a donc eu des étudiants qui se sont vu refuser des destinations pour un semestre sans pouvoir choisir l’autre même s’il restait encore des places disponibles. Ainsi, il restait des places dans certaines universités qui auraient pu être pourvues alors que 25% des étudiants de la zone anglophone n’avaient pas d’affectation. De même, les étudiants ont parfois eu des destinations qu’ils n’avaient pas demandées ou dans la mauvaise filière.

Après avoir pris connaissance de ce problème, le service des AI a choisi de revenir à la procédure d’affectation d’origine, à savoir la convocation des étudiants dans les bureaux pour sélectionner leurs destinations. Cependant, là aussi tout ne s’est pas passé comme prévu puisque certains étudiants n’ont pas reçu de convocation par mail. Les explications données par le service des AI étaient une « erreur de gestion » et une « erreur humaine ».

 

Dans le même temps, les étudiants et les syndicats ont constaté une triche massive au test d’anglais.

 

Vous vous demandez comment cela a-t-il pu arriver ? En fait les tests ont été réalisés sur deux jours avec la possibilité pour certains de le passer chez soi ou à la bibliothèque universitaire. Les étudiants les plus malins ont pris des captures d’écran des questions, captures qui ont rapidement circulé par l’intermédiaire des réseaux associatifs notamment. Évidemment, tout le monde n’a pas eu accès à ces images. Le service de AI a nié l’existence de cette triche arguant que l’écart type des notes n’était pas probant. C’est finalement la sphère dirigeante de Dauphine, notamment S. Mage et R. Dorandeu, qui a reconnu la triche, l’université risquant d’être attaquée en justice. Après plusieurs réunions entre les syndicats étudiants, l’administration dauphinoise et le service des AI, le test a été annulé. Pour le remplacer, plusieurs hypothèses étaient évoquées. Il a un temps été question d’accepter les tests extérieurs à Dauphine comme le TOEFL ou l’IELTS mais cela posait un problème d’égalité entre les étudiants, ces examens étant payants. Cette idée a donc rapidement été abandonnée au profit d’un nouveau test de langue a été reconduit au 9 février.

 

En parallèle de la fraude au test d’anglais, le service des AI a également fauté dans la pondération des moyennes des élèves.

 

En effet, Dauphine accueille en L2 et L3 des étudiants venant de classes préparatoires ou d’autres universités qui sont éligibles aux échanges Erasmus. Pour les intégrer au classement des dauphinois, l’université pondère la moyenne de ces derniers. Les étudiants provenant d’une université extérieure à Dauphine sont considérés comme sur-notés et voient leur moyenne multipliée par 0.8. A l’inverse, les élèves provenant de classes prépa sont considérés comme sous-notés et voient leur moyenne multipliée par 1.2. Le service s’est alors trompé dans la pondération des élèves, multipliant les moyennes de certains dauphinois par 0.8. Cela explique notamment pourquoi les affectations des L2 et des L3 ont été annulées une seconde fois pour toutes les zones. Au final, avec les erreurs de pondérations et la triche au test d’anglais, certains élèves ont perdus entre 50 et 150 places au classement.

Abordons désormais le cas de la zone hispanophone. Pour valider un niveau B2 en espagnol, les élèves avaient besoin soit d’une attestation de leur niveau par leur professeur, soit d’une note suffisante pour assurer le niveau B2 au test de langue. Certains professeurs ont refusé de donner des attestations expliquant que le résultat du test suffirait. A contrario, d’autres étudiants ont eu une attestation, donnant lieu à un traitement inégalitaire entre étudiants. Or, le test de langue s’est révélé beaucoup trop difficile et une minorité d’étudiants s’est vue certifiée le niveau B2.

Nous pouvons maintenant évoquer la question de la perte des partenariats. Selon le service des AI, il n’y a aucune perte de partenariat si les affectations sont terminées avant le 1er Mars. Les syndicats étudiants sont cependant plus mesurés. Selon eux, un partenariat serait définitivement perdu et certains indisponibles pour le premier semestre à cause du retard dans la procédure d’affectation des destinations. Les universités concernées sont Brooklyn collège, et Notheastern Universty.

 

 Alors quelles conséquences pour l’avenir ?

 

Une fois que l’administration a eu connaissance des difficultés rencontrées par le service des AI, elle a rapidement agi, en partenariat avec les syndicats.  Les décisions ont été prises collégialement, l’Université et les syndicats étudiants vont travailler conjointement sur une refonte complète du système d’affectations des échanges.

Comme mentionné précédemment, les informations de cet article m’ont été communiquées par les syndicats étudiants. Cependant, j’ai aussi cherché à avoir la version du service des AI. Julien Frémont, le chef du service a souligné la difficulté de réagir immédiatement : « je ne veux pas vous répondre à chaud, je préfère attendre un peu, finir les affectations, apaiser les choses, surtout avec ce qui s’est passé sur les réseaux sociaux et après les affectations je vous recevrai avec plaisir »

Le rendez-vous est donc pris autour du 1er Mars, date à laquelle les affectations devraient normalement être terminées, pour une interview avec M. Frémont, interview qui sera évidemment publiée sur le site de La Plume.

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