La fin du monde n’a-t-elle pas eu lieu ? (première partie)

Vos yeux sont bien ouverts, votre corps intact. Excepté les dégâts post-Noël, fois gras, dinde et autres excès gourmands et alcooliques, nous sommes toujours bien là et surtout toujours les mêmes. Pourtant, au-delà d’un délire religieux sur une fin d’un monde terrestre, pour entamer cette nouvelle année, un vaste débat peut être lancé : dans quel univers vivrons-nous demain ? Ne voyons-nous pas sous nos yeux non pas la fin du monde, mais bien celle d’un monde ? Avant tout, cet article ne se veut en rien moralisateur ou revendicateur d’une vérité motrice d’une solution miracle, nous la cherchons encore. Cette problématique du « comment vivre demain » ne touche pas qu’un seul domaine mais un large ensemble d’enjeux : économiques, géopolitiques, sociétaux ou écologiques. Ainsi, La Plume a entamé en 2012 une ébauche de réflexions diverses qui peut nous amener à poser les bonnes questions et formuler peut-être certaines réponses en 2013.

En matière économique, les experts nous parlent d’une même crise depuis 2008. Mais changeons de vocabulaire : nous ne traversons pas seulement une « crise ». Certes, il est urgent de réinventer notre système économique malade. Mais au-delà, nous subissions des failles dans notre modèle de vie. Une réflexion urgente s’impose pour créer quelque chose de nouveau. L’apocalypse ? Si facile. Couper l’interrupteur, clac, d’un coup sans se demander pourquoi, comment, juste profiter des derniers instants. Tout éteindre sans faire de choix, et repartir sur une nouvelle base sans contenu. Impossible, cette réflexion d’avenir doit venir de nous-mêmes, de nos actions. Gardons seulement de l’extrémisme « économico-utopique » (voir La Plume n°4, « Aucun monde n’est digne d’un regard si le pays d’utopie n’y figure pas. O.Wilde » par H.Matricon) la volonté de croire et de rêver à une économie raisonnée et tournée vers l’avenir…

En moins d’un siècle nos modes de vie ont été bouleversés. Nos grands-parents sont les premiers spectateurs de cette mutation d’un système entier. Bien sûr, ils ont vécu la guerre, des évolutions. Mais récemment, les changements sont devenus exponentiels. Il y a eu plus de transformations ces trente dernières années qu’entre le XXème et le XXIème siècle.

Les gouvernements des pays en crise ne cessent de clamer le retour de la consommation pour relancer la croissance. Or, ne fonce-t-on pas dans un mur en ne pensant qu’à un rendement à court terme ? Le modèle consumériste établi depuis toujours est-il encore tenable ? Les politiques conservent le même discours et les mêmes façons d’agir depuis des années en éclipsant des préoccupations majeures. La démocratie semble avoir oublié où se trouve les fondements de sa légitimité et nous, le rôle profond de la citoyenneté (« Douce démobilisation citoyenne », J.Broudin). Par exemple, le vieillissement de la population représente un de ces thèmes « peu vendeurs » dans les débats actuels mais que nous ne pourrons éviter. Mais aussi, la prise en compte concrète de l’hétérogénéité du monde : des pays dits jeunes concurrencent des plus vieux, le terme croissance côtoie celui de décroissance. De nouvelles réalités géographiques ont émergé ces dernières années. La mondialisation impose un tempo global qui risque à long terme d’écraser la diversité des rythmes entre pays.

Pour clore ce premier acte, soulignons que la mondialisation a également bouleversé nos relations sociales. Facebook en est l’incarnation. Ce lien entre société et outils technologiques n’est pas nouveau : déjà la télévision avait modifié nos relations. Désormais, par les réseaux sociaux, l’être humain parvient à mettre en scène son existence. L’accentuation des réseaux modifie les contours de notre vie intime. Nos parents ont tendance à résumer ce changement en une jouissance de la quantité au détriment de la qualité. Mais si le rapport à la communication était juste différent et pas nécessairement dangereux ? A nous de prouver qu’il ne l’est pas. Nous sommes une génération d’avenir, d’espoir. Eloignons-nous des croyances occultes et croyons en un futur viable. Ils ont eu la chance de vivre sans moins de contraintes. Ce futur est donc bien possible mais il faudra se battre pour l’avoir.

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