Ères avant-gardiste, streetwear, activiste ou encore minimaliste ont dominé les tapis rouges ces dernières décennies. Là où les célébrités défilent et posent sous le feu des projecteurs, la mode est plus qu’un costard ou symbole de prestige; elle est le reflet d’une personnalité unique et la revendication d’un combat. Si plusieurs tendances se sont démarquées au fil du temps et persistent aujourd’hui ; une se distingue et remonte le temps jusque dans les années 50 aux Etats-Unis : le style “Old Hollywood”.
Ayant émergé à la fin des années 1920, à l’aube de l’âge d’or d’Hollywood, où innovations techniques et réalisateurs emblématiques ont produit plusieurs classiques cinématographiques, le style “Old Hollywood” a permi à des stars du cinéma telles que Marilyn Monroe, Audrey Hepburn et Grace Kelly de s’inscrire dans l’histoire de la mode et de devenir de véritables icônes que l’on reconnaît spontanément à leurs looks glamour et sophistiqués.
Silhouette sculptée, longues robes de haut couturier, gants opéras et boas de plume caractérisent ce style introduit au public lors des cérémonies des Oscars à la télévision. Relégué à l’arrière-plan un temps, il semblerait qu’un grand nombre de célébrités n’aient que le terme “Old Hollywood” à la bouche ces deux dernières années, cherchant à renouer avec le vintage et faire sensation à chaque cérémonie. Ainsi, bien qu’appartenant au passé, l'esthétique du “Old Hollywood” se classe parmi les intemporels et garde toute sa pertinence aujourd’hui.
Né à une époque où le 7e art atteint son apogée, le style Old Hollywood fait de la femme l’objet d’un rêve et d’un idéal à atteindre. Contrairement aux publicités qui prônaient le modèle de la femme au foyer, Hollywood a plutôt mis en avant la femme fatale, puis la pin-up dans les années 1950.
Le fait de retrouver ce style à l’écran et dans les magazines people aujourd’hui suscite ainsi autant l’admiration que la critique.
Si ce style fait naître un sentiment de nostalgie et de fascination chez beaucoup, il représente tout de même une époque où les étoiles montantes d’Hollywood changeaient complètement d’identité pour se conformer aux attentes d’une société de production à qui elles étaient rattachées par de longs contrats stricts.
Forcées de subir des procédures de chirurgie esthétique bien plus douloureuses et moins réglementées qu’aujourd’hui, de changer de nom pour faire« plus américaine » et de lutter contre la censure, les icônes que l’on connaît laissent pourtant derrière elles un héritage qui tend à éclipser leurs combats au profit du glamour.
Bien sûr, l’Hollywood du XXIe siècle garde de grandes similarités avec celui d’antan, notamment avec l’engouement des célébrités pour le botox et les scandales pour promouvoir la sortie d’un film.
Toutefois, une question pertinente que l’on pourrait se poser est la suivante : pourquoi avons-nous tendance, médias comme individus, à romantiser l’âge d’or d’Hollywood et à fantasmer sur le style mythique associé à cette époque ?
Une première explication à ce phénomène serait que les générations actuelles se sont lassées des tendances modes éphémères qui envahissent leurs algorithmes et changent à chaque saison. Alors que ces dernières poussent à la surconsommation et à la conformité, le “Old Hollywood” inspire et subjugue par son essence même, qui a résisté à l’épreuve du temps.
D’autant plus, que les studios ont réussi à diffuser cette esthétique auprès du grand public, la rendant à la fois inatteignable et accessible. Les séances photo et les publicités avaient notamment pour but de renforcer le lien de proximité entre la célébrité et son public, ce qui incitait ce dernier à acheter le dernier rouge à lèvres porté par leur idole, par exemple.
En réalité, le style « Old Hollywood » resurgit après tant d’années, car il permet de se démarquer tout en conservant son prestige d’antan. Pour la nouvelle génération qui le découvre, il permet de découvrir une autre époque qui a façonné la mode et les femmes qui l’ont incarnée.
Rejeter ou applaudir la renaissance d’une tendance est vain. Il s'agit simplement de ne pas oublier que cette esthétique n'est pas le seul héritage des actrices de l'âge d'or. Derrière la légende, il devient plus fascinant d'en apprendre davantage sur ces femmes cultivées, ambitieuses et capables de briser les codes d'une industrie rigide. Pour s'en inspirer, citons les mots d’Ava Gardner, actrice mythique des années 1950 : « I either write the story or I get written out of it. »
Nour Jouni, L2 Francfort