Un festival Hors-Contrôle : la review.

Hors Controle

On vous parlait il y a quelques temps du festival Hors-Contrôle. Comme promis, nous y sommes allés. On revient vous raconter.

15h-0h. Format assez original mais très adapté quand il s’agit de faire découvrir de nombreux artistes et des ambiances hétéroclites. Côté lieu, nous sommes aux Mains d’œuvres de Saint-Ouen, espace en deux parties avec une première salle détente où l’on retrouve les essentiels : bar, partenaires associatifs, bar, vestiaire, bar et un espace DJ où s’amuserons pendant les transitions Dalton John et Grand Cru Paris. Côté scène, une petite salle intimiste bien foutue, des concerts qui s’enchaînent et un public à chaque instant un peu plus show (ndlr : calembour ! vous l’avez ? vous l’avez ?). Il y a des jours comme ça où on se sent hors de contrôle et on décide de dédier tout son samedi à boire des pintes avec ses potes et voir défiler des groupes. C’est un programme assez simple en somme : un groupe arrive et on l’écoute. Il termine ses chansons, on termine nos pintes. On a donc vu, dans l’ordre :

Tomy Lobo

Le jeune groupe séquano-dyonisien ouvre le bal. Plus accessible que celle des groupes suivants, leur musique nous rappelle la jeunesse qu’elle incarne et l’envie d’aller de l’avant, de grandir, de bouffer le monde. Il n’est pas aisé d’être le premier groupe à passer et Tomy Lobo s’en sort avec les honneurs. Le public ne manque pas de leur montrer et ne tarde pas à se chauffer. Exercice réussi. Seul bémol, pour nous, un son live nettement moins original que le son studio. Configuration oblige, sans doute ?

La Mouche

Ce jour-là au festival Hors-Contrôle, la mécanique s’est enrayée sublimement. Le responsable, un groupe qui a su faire mouche. L’unique, déjantée, virevoltante qui nous a fait vivre un show littéralement hors de contrôle. Un opéra de folie qui a fait de nous embarquer dans son univers. Puis dans un autre. Et encore un autre. Pendant une heure on vit un Tarantino, dont l’apothéose arrive lorsqu’ils interprètent avec une énergie bourdonnante la BO de Pulp Fiction. Ce moment tire aussi sa force du contraste créé par les chansons précédentes, parfois bizarres, parfois folles, et une fois théâtralement désespérées.

Titubante, l’étoile éteinte dans ses habits de show descend de scène. On s’écarte alors qu’elle essaie de s’agripper à nous, et danse, comme en transe dans cette fosse plus si dense. Dans un ultime refrain, la voilà à genoux. Totalement embarqué, me voilà à mon tour à genoux devant elle, chantant bien que ne connaissant pas mes répliques, suivant le rythme que sa main donne à mon épaule. Le morceau s’achève.

La devanture des Mains-d’œuvres

Chromatik

Energie, check. Théâtre, check. A propos de comédie, on va vous reparler de Chromatik sous peu dans La Plume. Wait for it (#grosteasing).

Quitte à paraître répétitif, c’est aussi une certaine forme d’énergie qui fait sortir Chromatik du lot. Une énergie très différente de celle de Tomy Lobo. Une énergie positive, imprégnée des bonnes vibrations et du groove de ces artisans de la musique fusion. Guitare, basse, batterie, clavier, trompette, saxophone et deux emcees. On a le rock, on a le jazz et on a le hip-hop. Saupoudrez d’une teinte un peu soul à l’occasion et de quelques notes funky. Versez le tout sur une scène et secouez bien fort, à un tempo entre 100 et 150 bpm. Vous obtiendrez ce groove enlevé, heureux comme les sourires complices de musiciens qui aiment vraiment ce qu’ils font et ce qu’ils jouent. Le meilleur moyen de faire écouter du jazz à quelqu’un qui s’en tamponne de Miles Davis et trouve Duke Ellington trop poisseux. Cerise sur le gâteau, nos deux frontmen - Hi Levelz, l’historique du groupe et Sika Deva, le petit nouveau -, pour prolonger la métaphore chauffagiste, foutent le feu (et avec le sourire). What else ?

KillASon

En parlant de feu. Il faisait chaud, sur scène avec KillASon. L’ancien champion de danse hip-hop ne s’est pas contenté de s’échauffer sur scène. On était plus dans le registre de la danse frénétique, envoûtante du moindre orteil au bout de chaque tresse, en passant par chaque muscle du visage. L’ensemble des individus intéressés par le genre masculin (ne soyons pas sectaires) a également eu l’occasion de prendre des couleurs quand le t-shirt du emcee-beatmaker est tombé. Trêve de basses considérations. Tout fan de vitesse et de Rap US a pu trouver son compte dans ce show survolté d’un artiste dont le rythme de tournée est tout aussi impressionnant que son flow - surtout compte-tenu du fait qu’il soit en même temps étudiant à Dauphine. Arès Rock en Seine l’année dernière et la Cigale le 26 janvier, ce sont les Vieilles Charrues qui l’attendent cet été. (Plus tout à fait) petit poucet devient déjà grand.

CONTREFACON

Il ne manquait, à mon goût, qu’une seule et unique chose à ce festival pour être complet. DES POGOOOOOOS !!!! Avec la moitié de CONTREFACON, ce fut chose faite. Moins présents que les artistes précédents sur scène - vous me direz, c’est normal, ce sont des DJs -, ils compensent largement par la sono. Son lourd et synthés en boucle avec un je-ne-sais-quoi en plus de perturbant : vous avez là l’enfant fou de l’électro française « traditionnelle » et des Chemical Brothers période Surrender/Come With Us. Le Figaro titrait à leur sujet « le nouveau Justice ». N’étant pas un grand fan de figues, je me permettrais de corriger : « les jeunes Gesa-stice Brothers ». Dédicace aux adeptes de la comparaison.

Le genre de musique que personnellement, j’écoute avec un immense plaisir au casque à fond quand je m’apprête à aller nik** des mèr** (ndlr : on est sur la Plume, pas sur Vice ici, vous croyiez quoi). Forcément, à 23h, après quelques pintes et avec une intensité qui va crescendo depuis le milieu d’après-midi… ça défoule.

Le son s’arrête. On réunit ses tympans. On imite le bassiste de la Mouche (que la scène assoiffe) et on va se chercher un flasque de Ricard. Ou reprendre une pinte, maintenant qu’il est minuit et qu’on est chaud bouillant. Merci Tourtoisie !

 

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