Gagner aujourd’hui, réussir demain

Concilier études, sport, et vie étudiante à Dauphine… c’est « too much » pour vous ? C’est en tout cas le quotidien d’une dauphinoise : Chloé Kautzmann, membre de l’équipe de France de natation synchronisée. Elève en Master Marketing, Chloé ne cesse de jongler entre cours et entraînements, examens et compétitions…

Si Dauphine a beaucoup investi dans la pratique du sport au sein de l’Université (SUAPS), ce n’est que depuis 2014 qu’elle propose un parcours aménagé en premier cycle pour les sportifs de haut niveau. Un élève de DEGEAD peut donc maintenant valider chaque année en trois semestres plutôt que deux.

La Plume a rencontré Chloé pour partager avec elle son expérience atypique.

Depuis combien de temps nages-tu ?

« J’ai commencé la natation synchronisée à l’âge de sept ans. Rapidement, j’ai été repérée pour participer à des stages nationaux avec d’autres nageuses à potentiel. J’ai été sélectionnée en équipe de France minime à douze ans, en équipe junior à quinze ans puis en équipe sénior à 18 ans. »

Combien de temps consacres-tu à la natation chaque jour ?

« Jusqu’à présent, je m’entraînais 30 heures par semaine. Cette année, mon master ne me permet malheureusement pas de bénéficier d’un emploi du temps aménagé ; je ne consacre donc plus que 20 heures par semaine à la natation synchronisée. »

… Et c’est déjà beaucoup ! Avec des emplois du temps différents, comment réunir l’équipe au grand complet pour les entraînements ?

 « En effet, nos emplois du temps sont complètement différents. Ce n’est cependant pas un problème pour mes co-équipières qui suivent des cursus plus aménagés et n’ont pas un emploi du temps aussi chargé que le mien. C’est pourquoi j’ai le droit de rater certains entraînements exceptionnellement. »

Comment fais-tu pour concilier l’entraînement et vos études à l’Université Paris-Dauphine ?

« Mener de front études et compétition est plus compliqué pour moi cette année du fait de la charge de travail en master. Par exemple pendant la semaine de révision de partiels, je n’étais pas aussi disponible que les autres puisque j’ai dû assister aux entrainements. C’est un challenge quotidien ! »

Au final, arrives-tu à avoir une vie d’étudiante « normale » (sortir entre amies, avoir une vie  sentimentale etc…) ?

« Evidemment la natation synchronisée me prend beaucoup de temps mais je suis dans le circuit depuis longtemps, je suis donc habituée. Je sors de temps en temps avec mes amies, mais occasionnellement car je suis moins performante le lendemain. J’ai également un petit ami, nous vivons ensemble. Lui aussi est sportif de haut niveau, ce qui facilite notre relation. »

Avez-vous déjà eu des moments de découragement dans votre carrière sportive ?

« Evidemment, j’ai déjà eu des moments de découragement ! Je pense que nous en avons toutes un plus ou moins gros par an, notamment en période hivernale. La fatigue et la pression des examens nous amènent parfois à douter, mais l’ambition portée par le collectif nous aide à surmonter ces difficultés ».

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Quel est le meilleur souvenir de ta carrière ? Et le pire ?

« Mon pire souvenir remonte à l’été 2014, pendant le championnat d’Europe à Berlin. Nous pensions nettement réduire l’écart de points avec l’Italie, juste devant nous dans le classement. Mais le travail que nous avions fourni n’a en fait pas du tout payé. Mon meilleur souvenir… il y en a tellement ! Toutes nos compétitions sont des moments très forts et resteront de bons souvenirs. »

Est-ce qu’une bonne cohésion de groupe est un facteur de réussite essentiel en compétition ?

« La cohésion du groupe est en effet essentielle pour assurer de bonnes performances dans l’équipe. Pour ma part, je suis fille unique ; je considère donc mes coéquipières comme des sœurs. Nous passons tellement de temps ensemble que nous nous connaissons par cœur. »

Deux ans de suite, tu as remporté le championnat de France interuniversitaire : est-ce que c’était une formalité, ou un vrai challenge sportif pour toi ?

« A la base, participer au Championnat de France interuniversitaire était une formalité puisque c’était une démarche obligatoire pour valider ma note de sport. Finalement, l’exercice s’est transformé en challenge car j’ai dû concourir avec une ancienne nageuse de l’équipe de France, arrivée deuxième. »

La natation synchronisée est un sport peu médiatisé. Que penses-tu de ce manque de visibilité, par rapport à la natation par exemple ?

 « Il est dommage que la natation synchronisée soit peu médiatisée car c’est un beau sport, au même titre que le patinage artistique, par exemple. Nous n’enregistrons malheureusement par les mêmes scores que la natation : les nageurs français sont champions d’Europe, du monde et médaillés olympiques, ce qui leur confère une certaine visibilité. Je pense que leur médiatisation est justifiée, et c’est donc à nous de faire nos preuves ! »

Dans les années à venir, comptes-tu capitaliser ton expérience sportive et par exemple, te spécialiser dans le marketing sportif ?

« J’aurais sûrement plus de facilités à travailler dans le domaine du marketing sportif puisque je baigne dans le sport depuis très jeune. Dauphine m’a cependant donné envie d’explorer d’autres domaines d’activités.  Pourquoi ne pas y revenir dans un second temps ? »

Dans tous les cas, qu’est-ce que la natation synchronisée t’aura apporté en plus pour réussir ton évolution future ?

« La détermination est la principale qualité que  m’a apportée cette expérience. J’ai appris à me battre, à ne jamais baisser les bras. Dans l’équipe de France, on est très exigeant avec nous : on n’a pas le droit d’être en retard, on doit être très investi en permanence. »

Merci à Chloé pour cette belle leçon de courage et d’implication qui devrait éclairer tous les étudiants pour leur avenir. Son expérience témoigne d’une diversité des parcours au sein de l’Université qui fait aujourd’hui la richesse de Dauphine.

Propos recueillis par Lisa Mossion.

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