Until the Quiet Comes

Flying Lotus (FlyLo) revient avec son troisième album pour Warp, Until the Quiet Comes. Comme ses prédecesseurs, il délivre une petite vingtaine de vignettes musicales qui s’enchaînent dans une cascade de beats et de lignes de basse voluptueuses, alignées par Thundercat, déjà présent sur Cosmogramma. Mais alors que Cosmogramma brillait par son incroyable densité et son thème très… spatial, Until the Quiet Comes calme un peu le jeu et réussit la prouesse de ne rien perdre en intensité. Dès le premier morceau, le bien nommé «All In», on est propulsé dans l’espace si caractéristique de Flying Lotus : de la harpe, des cloches et des effets purement électroniques rentrent en collision tandis que les percussions mènent l’ensemble vers son dénouement teinté de nuances psyché.

Suivront les beats irréguliers de «Getting There», le méditatif «Tiny Tortures», le futuriste «Putty Boy Strut», brillant exemple de mélange entre sons organiques et manipulations digitales. Dans ses pires moments FlyLo ressemble à un James Blake encore plus ennuyeux que d’habitude sur «All the Secrets». La deuxième partie de l’album, amorcée par le morceau-titre (lui-même une plongée formidable dans l’univers vaporeux que FlyLo s’attache à dépeindre dans cet opus) est riche en collaborations diverses. On retrouve Thundercat qui donne de la voix sur le flottant «DMT Song», accompagné de sa basse et de beaucoup d’écho, un méconnaissable Thom Yorke sur «Electric Candyman» ainsi que Laura Darlington, ces deux derniers figurant déjà au casting deCosmogramma. Au milieu, «The Nightcaller» rappelle les synthés de Los Angeles, démontrant au passage à quel point Ellison a su développer sa palette musicale tout en restant instantanément reconnaissable. Le duo final «me Yesterday//Corded» et «Dream to me» clôt l’album dans un bang suivi d’un coda noyé dans les synthétiseurs.

On avait pu reprocher à Cosmogramma de perdre son souffle après son démarrage quasi-parfait (voir le merveilleux «Computer Face») ; ici Until the Quiet Comes ne lâche pas une fois l’auditeur pendant ses denses 46 minutes, faisant preuve d’inventivité et d’excellence technique sans comparaison avec les autres beatmakers. Maîtrisant aussi bien les codes du jazz (rappelons au passage qu’Ellison est le petit neveu d’Alice Coltrane, qu’il mentionne constamment à propos de son éducation musicale) que des meilleurs producteurs (J Dilla en tête), FlyLo crée quelque chose à la fois complètement neuf et immédiatement accessible. Sans jamais se perdre dans l’expérimentation froide et hermétique, il insuffle à ses grooves une énergie vitale considérable. Hautement recommandé !

 

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