La « pop culture » : culture au rabais ou philosophie populaire ?

La « pop culture » : culture au rabais ou philosophie populaire ?

La culture populaire, ou culture de masse, renvoie à l’ensemble des idées, croyances, connaissances, références artistiques, musicales, cinématographies etc. qu’une majeure partie de la population partage. Elle vient des médias jugés les plus populaires, notamment la télévision ou le cinéma. C’est au cours des années 60, avec le développement de la société de consommation, que la pop culture voit le jour. La pop culture est plurielle, à la fois alternative et mainstream.

Transgression et douceur de vivre

La culture pop émerge avec les pulp magazines. Du roman noir à la science-fiction, ces revues privilégient la qualité des histoires à celle du papier. On y écrit des feuilletons, des romans noirs et des histoires de gare. On y dépeint des personnages forts, des anti-héros aux longs dialogues, qui transgressent les lois. Cette idée de transgression, de légèreté et de distance vis-à-vis du conformisme, c’est la condition-même de l’émergence de la culture populaire. C’est dans la musique, la politique, la vie, que l’on trouve à l’œuvre des pop cultures caractéristiques de leurs époques, de leurs valeurs, de leurs paradigmes.

Lorsque le mouvement punk émerge en Angleterre, dans les années 60, c’est en réaction à la pop musique des Beatles ou des Rolling Stones. Le punk vient se démarquer du monde adulte, de la tendance, et de l’autorité bien tranquille. Même chose pour le hip-hop, dans les années 80, lorsque breakdance, graffitis et musique incarnent les luttes afro-américaines, les inégalités sociales et raciales. Tendance similaire en télévision : Game of Thrones, série internationalement connue, est tant ancrée dans la nouvelle génération visuelle que même les plus novices ne peuvent l’ignorer. Elle explore à la foisdes questions politiques, sociales, sexuelles, religieuses. L’univers pop devient alors l’occasion de dresser de nouvelles lignes de revendications, de constatation, d’opinions.

Légèreté ou questionnement ?

La pop culture, en représentant ou projetant nos quotidiens et nos sociétés, les questionne du même fait. Les films et la musique renouvèlent l’imaginaire contestataire pour relier la critique sociale avec les plaisirs du quotidien. La série Rick et Morty, dans une absurdité revendiquée, dénonce bien plus qu’il n’y parait.

Les personnages se trouvent à la frontière entre le rire coupable, heureux du malheur des autres, et la catharsis de tragédies irréalistes. Dans un message joyeusement cynique et nihiliste, ils critiquent tant la société américaine, devenue un véritable produit de consommation, les faisant cependant exister, que l’incohérence de leur système de croyances. Rick et Morty voyagent entre les mondes, et quand tout dégénère dans le leur, ils s’échappent dans un monde identique, à ceci près que leurs homologues viennent de mourir tragiquement.

Face au ridicule des choses dans lesquelles ils s’inscrivent, Rick et Morty dénoncent un monde interchangeable, dans une société qui consomme à outrance. C’est l’effacement des valeurs morales et humaines qu’ils incarnent ici. Dans la série, les objets et les personnes sont de simples choses contingentes, sans aucune particularité leur assurant une existence certaine. Tout devient jetable, périssable, remplaçable. Et dans une réflexion fataliste mais profondément simple, Rick et Morty proposent, face à l’angoisse, une légèreté de vivre.

La culture pop, c’est ainsi tout ce dont nous sommes faits, nos références, nos peurs, nos questionnements, et tout ce qui tient une génération ensemble.

Justine Le Forestier, M1 POP

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