Que les femmes demandent-elles à la Lune ?

Que les femmes demandent-elles à la Lune ?

Dès l’Antiquité, et jusqu’aux Lumières, la Lune n’a cessé d’inspirer, d’intriguer et d’alimenter mythes et croyances. Parmi eux, l’idée que les femmes, êtres curieux et instables, seraient influencées par les activités lunaires. D’où vient cette idée savamment conçue qu’une femme serait indécise, instable, lunatique ?  

Le mythe à l’origine des clichés 

Si la science a longtemps pensé le genre féminin comme influencé par les astres, il en reste un certain nombre de clichés sur les femmes à l’humeur changeante et facilement irritable. J’ai tenté de chercher la réponse à mes questions sur internet, avant d’abandonner ma foi en l’humanité sur Doctissimo et autres blogs féminins. Pour comprendre d’où ces « femmes lunatiques » viennent, un historique lunaire s’impose.

« Lunatique : désigne une personne dont l’esprit est changeant, dont l’humeur varie souvent et de manière soudaine ».

Dans la mythologie grecque, Séléné (du grec brillant, brillante) est la déesse de la pleine Lune, et la sœur d’Hélios, dieu du soleil. Personnage féminin, louée ou maudite, elle est longtemps au cœur des mythes et des contes légendaires. Représentée sous les traits d’une belle jeune femme d’une blancheur étincelante, elle parcourait le ciel sur un char d’argent traîné par deux chevaux. Historiquement associée à la féminité et à la fertilité, du fait de la concordance du cycle lunaire et menstruel, les études médicales liaient la Lune au ventre de la femme : on disait pour certaines maladies féminines que la femme était frappée par une maladie de la Lune ou par la maladie divine.

Dans grand nombre de mythologies, les divinités lunaires sont souvent associées à la fertilité. Un cycle lunaire dure en effet environ 29 jours et demi, quand le cycle menstruel dure en moyenne 28 jours. Ces temporalités ont naturellement été rapprochées, bien qu’aucune preuve scientifique n’ait jamais étayé l’hypothèse d’un lien entre les deux cycles. Ainsi, la Lune est progressivement devenue un symbole de maternité. Même Aristote, dans Histoire des animaux, affirme que le début du cycle lunaire est un symbole de gestation, alors qu’il est recommandé d’accoucher les jours de pleine Lune.

A la Renaissance, les astrologues médicaux pensent les femmes comme des êtres réglés par la Lune, les rendant totalement lunatiques et imprévisibles, notamment lors de leurs règles. Elles seraient versatiles, sujettes aux sautes d’humeur, nécessairement influencées par l’activité de l’astre lunaire. On lui attribue  une force obscure et maléfique, digne de la sorcellerie, qui rendraient les femmes absolument incontrôlables.

Fini les clichés ? Pas tout à fait … 

En tapant « Les femmes et la Lune » sur Google, je trouve que nous sommes liées à elle, qu’elle nous influence, qu’elle nous guide, et autres invitations en tout genre à se reconnecter avec l’astre nocturne, guide spirituel et unique lumière dans la nuit… Bref, les clichés se portent bien. Je me suis perdue sur les blogs, les forums, pour comprendre pourquoi est-ce qu’il me serait préférable d’accoucher un jour de pleine lune, ou pour enfin savoir pourquoi j’étais irritable avant d’avoir mes règles : nous étions en phase de Lune décroissante !

Si l’on peut, certes, écouter son corps et ses humeurs, ne pas tomber dans un déterminisme astral me parait une meilleure solution. L’on voit apparaitre un regain de popularité de l’astrologie, que l’on peut prendre au sérieux, ou pas, tout en s’attachant à garder le bon sens nécessaire. Il n’existe pas de moment propice pour entreprendre de nouvelles choses, et encore moins d’attendre la nouvelle Lune. Ce qui est potentiellement motivant dans la lecture des astres et des cartes ne doit pas se faire un dictat ou une loi universelle.

D’où la ravissante expression encore d’actualité « mais t’as tes règles ou quoi ? ». À éviter donc.

LE FORESTIER Justine, L3 LISS

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