L’automne !

Cher lecteur, probablement toi aussi francilien et citadin à temps plein, voici un (trop) court florilège des charmes olfactifs, visuels, tactiles et gustatifs de ce merveilleux moment de l’année : Noël ! L’automne !
(Avertissement : l’enthousiasme provoque chez moi d’intenses et abusifs usages de figures de style)

L’automne !

Des quatre saisons, c’est sans doute ma favorite.

C’est avant tout la saison des changements.
Chaque subtile métamorphose est un spectacle merveilleux : les cimes qui se dénudent pour offrir au sous-bois un tapis roux et pourpre qui croustille sous les bottes ; les mares qui se figent dans leurs reflets vaseux, paralysées pour les mois à venir ; le voile tombant des jours qui raccourcissent ; la mue muette des massifs engourdis dépêtrés du tumulte de l’été qui capitule.

L’automne. Avec la pluie, le vent, se révèlent les parfums froids de la terre noire, fraîche, humide… Et dans l’embaumement crépusculaire du brouillard peut-on humer les effluves boisés et moites des lisières, les senteurs soyeuses de l’herbe grasse et de la mousse sur les pierres ou perle l’eau de la rosée, la fragrance piquante des baies de saison et surtout l’appétante rondeur champignonesque cachée des talus.

L’automne c’est la saison des parfums sauvages de la terre : gibiers, champignons, châtaignes, noix, pommes, poires, raisins, agrumes… C’est un miracle qui parcourt le pays, qui mûrit ses richesses et révèle son terroir.

Vivons l’automne qui s’étend à travers prairies, collines et champs ; de la cime des monts aux bords des rivages.

L’automne c’est aussi le bonheur, rentré au logis, de saisir la chaleur de l’âtre du bout frileux de ses doigts, quel plaisir de sentir le réconfort vif et pétillant des braises qui contraste avec l’humidité et le tourment venteux du dehors : la maison redevient un cocon. Étendons nos jambes lasses sous la table devant un alléchant pot-au-feu.

Que l’on ferme fenêtres et portes, que l’on tienne clos volets et rideaux : voici l’hiver que l’automne annonce déjà !

Et profitons de la douce berceuse de la cheminée, du parfum chaleureux du feu de bois.

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Prenons le temps d’apprécier ces instants, ces rendez-vous avec les saisons. Prenons du recul sur les tâches qui nous tiennent absorbés et inattentifs.

Prenons le temps d’en perdre.

Prenons le temps de la contemplation, nous qui vivons si hâtivement.

Agrippés à l’éphémère, admirons l’ordre naturel qui lui, siège sur l’éternité.

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