« My auctioneer is rich » : marché de l’art ou art du marché ? art 2

Le marché de l’art

dans le contexte économique et financier actuel.

 

Alors que la crise des subprimes a laissé place à celle de la dette souveraine, le bilan économique s’avère particulièrement sévère pour les économies occidentales. L’abaissement de la note des États Unis par Standard&Poor’s cette année marque la fin du paradigme américain post 1945. Les crises des dettes publiques et les politiques de rigueurs ont eu des répercutions catastrophiques, notamment dans le domaine culturel avec des amputations de budgets et de subventions sans précédent. Évidemment ce climat a affecté le marché de l’art. En 2008, 48h après la chute de Lehman Brother, le ratio des achats des œuvres d’art estimées à plus d’un million d’euros passe de 85%  à 60%, remettant en cause la théorie selon laquelle les deux marchés sont corrélés mais de manière décalée. De nombreuses galeries ont souffert, jusqu’à parfois fermer. Les maisons de ventes doivent reconsidérer leur mode d’estimation et de garanti de prix. D’un point de vu plus global il y a eu une vraie crise de confiance entre la fin du mois de juillet et de septembre 2011. L’Art Market Confidence Index (AMCI), un indicateur de confiance pour le marché de l’art crée par Artprice, passait sous le zéro pour la première fois depuis 2009. D’un coup, il y eu un questionnement quant à la capacité de résistance du marché de l’art. Un questionnement véritable, mais passager. En quelques mois les prix retrouvaient leur niveau de 2007.

Produit des ventes d'art contemporain entre 2000 et 2011 -1er(rose) et 2e(jaune) semestres-

Dès le mois d’octobre, les succès des nombreuses foires, telles FRIEZE à Londres et la FIAC à Paris, et les prix records atteints lors des ventes publiques au second semestre balayent efficacement et durablement les craintes des acteurs du marché. The Art Newspaper, le journal anglais de référence dans le milieu, n’a pas manqué de relever que « les économistes auraient été médusés par les dépenses de cette élite du monde de la collection. C’est comme si la récession mondiale appartenait déjà au passé ». Tandis que la crise n’en finie plus, le marché de l’art bat son plein et met en place des nouvelles stratégies : ventes aux enchères en ligne, circulation de l’information accélérée, mise en réseau des acteurs au niveau mondial, ouverture des marchés… Les professionnels sont mieux armés et plus lucides face à la crise. « La crise de la dette couplée à l’agitation des marchés financiers aura lassé les investisseurs qui ont préféré se replier sur l’art, jouant son rôle de valeur refuge » conclut l’introduction du rapport « Tendances du marché de l’art, trend 2011 » de Artprice.

La valeur refuge est une sécurité définie par le dictionnaire d’économie contemporaine et des principaux faits politiques et sociaux de Mokhtar Lakehal. par la définition suivante : « En période d’instabilité politique et de forte inflation, la valeur refuge est tout bien économique qui représente pour son détenteur une sécurité en terme de maintient du pouvoir d’achat. ». Le marché de l’art offre donc aux acquéreurs une valeur refuge en ces temps perturbés et fait état d’exception parmi l’ensemble des marchés mondiaux. Il devient même un enjeu indéniable de questionner les logiques de fixation des prix des œuvres en maison de vente aujourd’hui !

Quels sont les déterminants du prix des œuvres d’art  en 2011 ?

Céline POIZAT

 


 

1 Commentaire

  1. Bonjour,

    Merci d’avoir cité le Dictionnaire d’économie contemporaine. Je vous signale que cet ouvrage épuisé depuis 2004 n’a pas été réédité. Un nouveau lexique le remplace; il est plus actuel (sortie en septembre 2012) chez Eyrolles, l’éditeur d’ouvrages techniques. Il porte le titre suivant : LE GRAND LIVRE DE L’ECONOMIE CONTEMPORAINE et des Principaux faits de société. «Toute l’économie contemporaine en un seule volume ! Avec plus de 11 500 entrées et 9 000 définitions, ce livre couvre l’ensemble des notions, concepts, théories et doctrines relevant des différents domaines de l’économie contemporaine et leurs ramifications dans tous les domaines de nos sociétés».

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