Un Euro à blanc ?

Un Euro à blanc ?

par Guillaume Delamarre

Faire table rase du passé. Faire oublier que le dernier match gagné en compétition officielle date déjà de la demi-finale de la Coupe du Monde 2006 contre le Portugal.

Telle est la périlleuse mission de l’équipe de France menée par Laurent Blanc pour le prochain Championnat d’Europe des Nations organisé à partir du 9 juin par l’Ukraine et la Pologne.

L’équipe de France mène depuis près de deux ans une campagne de reconquête populaire. Il s’agit d’effacer de la mémoire des supporters des évènements comme la demande en mariage de l’ex-sélectionneur Raymond Domenech en direct à la télévision après l’élimination de l’Euro 2008, les insultes d’Anelka, des joueurs refusant de jouer ou faisant grève par un refus de descendre de leur bus.

Sur le papier, la tâche paraissait immense tant le public avait été frustré sur le plan footballistique et humain durant l’ère Domenech. Pourtant, l’incontesté Laurent Blanc semble réussir depuis deux ans à réconcilier l’équipe nationale et ses supporters. Après une mesure choc visant à écarter pour un match tous les joueurs présents en Afrique du Sud, Laurent Blanc s’évertue à faire respecter un code éthique au sein de l’équipe de France. Pour son premier match à la tête de la sélection contre la Norvège, il s’était même permis de distribuer les paroles de « La Marseillaise » à l’ensemble des joueurs. Le symbole avait ici eu plus de force que la défaite concédée avec cette équipe à l’époque en complète reconstruction. Des polémiques comme celles des quotas dans les centres de formation ou celle des joueurs binationaux sont  cependant venus ternir l’image du sélectionneur, certains souhaitant sans doute nuire à son capital sympathie post-1998. S’appuyant sur une communication très maîtrisée, Laurent Blanc s’est appliqué à instaurer un rapport cordial avec les journalistes, en défendant toujours chacune des positions qui lui étaient reprochées. Cette capacité à contrôler ses propos, on n’y était plus vraiment habitué à la tête de la sélection nationale.

Voilà pour la forme, parlons maintenant du fond. Après un début de campagne qualificative plutôt laborieux, marqué par une triste défaite contre la Biélorussie en septembre 2010, l’équipe de France semble être en voie de retrouver son prestige d’antan. Il ne s’agit pas d’être un optimiste ahuri mais simplement de faire le bilan des deux dernières années écoulées. 

La France s’est qualifiée pour cet Euro 2012 en terminant à la première de son (facile) groupe. L’équipe de France est invaincue depuis maintenant 21 matches, une série ponctuée notamment par des succès de prestige contre le Brésil, l’Allemagne ou encore l’Angleterre. Certains diront que ce n’était que des rencontres amicales, mais il fut un temps où les Bleus ne gagnaient même pas ces confrontations.

Il est donc légitime de voir en la prochaine compétition internationale un formidable galop d’essai pour cette jeune équipe de France (26 ans de moyenne d’âge).  La sélection de Laurent Blanc peut en effet s’appuyer sur la deuxième meilleure défense des éliminatoires  avec seulement quatre buts encaissés en dix matches. Le proverbe disant que « la meilleure défense, c’est l’attaque » n’est pas toujours vérifié en football et la solidité de l’arrière garde française, un succès mondial du « made in France » sportif, devra être au rendez vous lors des rencontres tendues comme contre l%